
En plein débat sur le travail dominical, je suis tombé sur un
article de la presse britannique à ce sujet.
Le journaliste, perfide, parle de notre projet de loi et de la manière dont N. Sarkozy mène sa politique. L'article est plutôt savoureux, en voici un résumé :
La France est "un pays aux lois rigides, sauf pour les nombreuses exceptions". En d'autres termes "c'est un pays où l'exception est la règle".
L'article rappelle l'interdiction d'ouverture dominicale des magasins, sauf certains commerces de bouche comme les boulangeries, instaurée en 1906. En réalité ce repos
dominical est bien plus ancien.
Le journaliste ironise ensuite sur l'énergie déployée par N. Sarkozy pour convaincre son propre camp, sur les notions d'activités de loisirs (comprenant curieusement l'ameublement) et de zones touristiques.
Il revient aussi sur le vrai-faux argument du Président concernant les Champs-Elysées qui seraient ouverts d'un côté mais pas de l'autre le dimanche. En fait les magasins bénéficiant de dérogations sont tout simplement plus présents d'un côté.
Il souligne l'une des contradictions du projet de loi. En effet il est prévu que les employés de grands magasins des grandes villes soient compensés pour leur travail le dimanche (salaire plus important, jours de repos), alors que ceux travaillant dans des boutiques de "zones touristiques" pourraient être forcés à travailler le dimanche sans supplément ! Une exception de plus !
M. Sarkozy tente de faire croire que la France est la risée des autres pays à cause de cette fixation sur le repos dominical alors que d'autres pays sont encore plus stricts (Allemagne, Autriche, Belgique).
En fait, pour M. Sarkozy, c'est emblématique, c'est un symbole. Il en fait une affaire personnelle et ne veut pas céder sur le sujet, comme d'autres ont cédé avant lui.
Des proches du Président estiment que l'effet psychologique de la loi pourrait être plus important que l'impact économique. N. Sarkozy veut faire des Français des entrepreneurs moins portés sur la tradition. Cette importante réforme est volontairement radicale dans l'espoir de changer la manière dont les Français pensent d'eux-mêmes.