J'ai testé Autolib
Par Jérôme le 1 juin 2012 - Tranches de vie - Lien permanent
Après le succès du Vélib, la mairie de Paris est très fière de proposer le nouveau service Autolib. Curieux comme je suis, je devais essayer ça !

Première étape : l'abonnement. On peut le faire depuis Internet mais il est possible de souscrire depuis une borne spéciale pour obtenir le sésame de la voiture immédiatement. Je me suis donc rendu dans l'une de ces "bulles" de verre, elles ne sont pas très nombreuses dans la ville. Dans la bulle (en plein cagnard) j'ai appelé un interlocuteur via une borne. Au bout de quelques secondes, une jeune femme m'a répondu et est apparue à l'écran, une petite séance de vidéoconférence allait commencer.
Pour un premier abonnement, il faut montrer patte blanche. Grâce à l'automate, j'ai pu scanner mon passeport et mon permis de conduire pour les transmettre à la dame. Le processus entier dure une dizaine de minutes. J'ai choisi la formule d'une semaine, la dame a lourdement insisté pour que je prenne une durée plus longue, ben voyons. A la fin, la machine délivre une petite carte rigide qui permet d'ouvrir les voitures, portant la durée de validité (une semaine, donc). Je suis ressorti en nage (rapport à la chaleur dans la bulle)...
Premier enseignement : armez-vous de patience (et de vos papiers d'identité) pour vous abonner.
Deuxième étape : trouver un véhicule. Pas de chance, la station où j'ai pris mon abonnement était vide. Malheureusement, la borne n'indique pas où trouver une autre station. J'ai donc dû dégainer mon smartphone pour en trouver une sur le plan. Après avoir marché 5 minutes, me voilà devant une autre borne avec une voiture. J'ai passé mon badge et la borne m'a annoncé que la voiture qui était sous mon nez n'était pas disponible, sans m'en expliquer la raison ! Heureusement cette fois, elle m'a indiqué d'autres stations à proximité. Enfin, quand je dis proximité, c'est relatif, il a fallu encore marcher 10 minutes de plus à un pas soutenu pour trouver la station salvatrice. J'ai passé mon badge et une voiture s'est déverrouillée, allelluia !
Deuxième enseignement : Autolib peut vous faire marcher !
Troisième étape : prendre possession du véhicule. Ne pas oublier de débrancher la prise ! La voiture comporte 4 places mais il vaut mieux caser les petits gabarits à l'arrière. Il y a aussi un petit coffre pour mettre quelques courses (mais pas trop). L'ordinateur de bord m'a souhaité la bienvenue, les vitres et rétroviseurs sont électriques. En cas de doute on peut revisionner une petite vidéo expliquant le fonctionnement du système Autolib.

Quatrième étape : rouler ! Là c'est assez sympa. C'est un véhicule automatique, peu bruyant, plutôt réactif. , le GPS m'indiquait à tout moment où je me trouvais, ainsi que l'emplacement des stations environnantes pour retourner le véhicule. Par contre le GPS n'indique pas les bouchons, j'ai été douloureusement confronté à la circulation parisienne. J'ai finalement passé 80% du temps à rouler au pas. Pendant le trajet on peut garder un oeil sur l'état de la batterie, ça peut éviter des mauvaises surprises. A priori l'autonomie permet largement de traverser Paris, voire de s'aventurer en banlieue (où les stations Autolib se répandent également).
Troisième enseignement : Autolib reste une voiture, avec les avantages et inconvénients que cela comporte. Ne pas perdre de vue que les piétons et cyclistes n'entendent pas le véhicule.
Dernière étape : déposer le véhicule. Une fois arrivé à destination, on connaît la même angoisse que les amateurs de Vélib, trouver une station avec de la place pour déposer la voiture ! Les stations Autolib sont moins nombreuses que celles pour les vélos, donc on peut avoir une distance importante entre notre destination et la station disponible. Prévoir encore un peu de marche à pied ! Ne pas oublier de rebrancher le véhicule. Dans la minute suivante, on reçoit une texto annonçant le temps passé et le prix payé.
Conclusion : même si le projet est encore jeune, le système semble plutôt fiable. Lors d'un deuxième test, le GPS a oublié de m'indiquer les stations environnantes, l'angoisse de fin de parcours n'en a été que plus grande et j'ai eu un peu de mal à trouver la station de dépôt. En terme de tarif, compter environ 7 euros pour une demi-heure d'utilisation, sans doute un peu moins cher qu'un taxi. Autolib est un nouveau moyen de transport sympathique et accessible, un bon complément à ce qui existe déjà. Certains Parisiens qui hésitent à se débarrasser de leur voiture personnelle pourraient bien sauter le pas...

Commentaires
Bonjour Jérôme,
Nous vous remercions pour ce premier essai et pour le post. Pour information, nos téléconseillers auraient pu vous indiquer et même vous réserver une voiture au départ. De même, en chemin, en appuyant sur le bouton bleu, dans la voiture, vous auriez pu réserver votre place à l'arrivée pour vous éviter quelques sueurs froides et de nouvelles angoisses, la circulation à Paris étant déjà suffisamment stressante. A termes, nous aurons 700 stations dans Paris, cela fait le double des stations de métro... N'hésitez pas à revenir vers nous si vous avez des questions ou des suggestions; nous sommes très à l'écoute de nos abonnés et des nouveaux usagers!
C'est clair qu'ils sont à l'écoute des usagers vu qu'ils sont même sur ton blog.
Sinon, je note aussi que en fonction de la météo, une "séance de sauna" est quasiment offerte dans la bulle et la 1/2 heure quotidienne de marche recommandée presque atteinte. lol
Sérieusement, le concept semble tentant et commence à se développer aussi autour de chez moi. Mais c'est vrai aussi que, toujours chez moi, on n'est moins touchés par les difficultés de stationnement, résidentiel ou pas. C'est souvent galère mais pas comparable à Paris j'imagine.
PS : j'espère que les utilisateurs sont raisonnables et ne fument pas dans la voiture...
Vanessa : Merci pour ces précisions, je regarderai la prochaine fois.
Eternelia : Ce système a plus de chance de fonctionner dans les (très) grandes villes. Dans les autres endroits, en banlieue, à la campagne, il est difficile de se passer de sa propre auto. Mais l'idée fait son chemin, le concept de pouvoir utiliser sans posséder est intéressant. Je n'ai pas remarqué d'odeur de cigarette ni de sticker l'interdisant à bord, espérons que les voitures resteront "propres"...