AutorouteJe n'ai jamais digéré la vente des autoroutes par le gouvernement Villepin en 2006. Un certain député Bayrou s'était violemment opposé à ce projet à l'époque d'ailleurs. J'ai lu plusieurs articles montrant que le montant de cette vente avait été plutôt en faveur des acquéreurs. Bref, on a bradé des bijoux de famille et l'Etat leur fait aussi des cadeaux.

C'est pourquoi je bondis à chaque annonce de hausse des tarifs autoroutiers. C'est encore le cas ce mois-ci avec une hausse moyenne de 2,33%, soit plus que l'inflation officielle.

Comme d'habitude, les sociétés d'autoroutes veulent nous faire pleurer en quémandant ces hausses auprès du gouvernment qui ne régule plus gand chose. Elles investissent tellement qu'elles ont un besoin vital de ces augmentations.

Je suis donc allé faire un tour sur le site de Vinci pour voir leurs résultats financiers, ils sont accessibles librement. Vinci est la première société d'autoroute européenne, on n'est pas très loin du monopole...

Voici donc quelques chiffres qui me paraissent éloquents, je ne suis pas expert en comptabilité :

Au 1er semestre 2011, Vinci a dégagé un résultat net de 813,5 millions d'euros (en hausse de 15% par rapport à l'année précédente). La capacité d'auto-financement est à la même période de 2,33 milliards d'euros (en hausse de 10,5%). Quant au chiffre d'affaire, il est passé à 17,3 milliards d'euros (en hausse de 17%). L'entreprise n'est visiblement pas dans le besoin.

Dans le même temps, les sociétés d'autoroutes ont augmenté le nombre de passages automatiques et réduit le personnel pour faire des économies. Le taux d'automatisation aux péages est passé de 21% en 2006 à 39% en 2010. En 2008, le groupe Vinci Autoroutes comptait 8585 employés. En 2010 il n'en avait plus que 8051, soit une baisse de 6%. Tout ça doit permettre au groupe de faire de belles économies.

Eh bien cela ne suffit visiblement pas puisque les autoroutes n'ont jamais été aussi chères et les tarifs n'arrêtent pas d'augmenter.

Si le réseau autoroutier était resté dans le giron public, les bénéfices auraient contribué à l'intérêt général. Au lieu de cela, chaque kilomètre parcouru sur ces fichues bandes d'asphalte gavent un peu plus les actionnaires toujours plus gourmands. Capitalisme sauvage, quand tu nous tiens...