Jérôme blogue...sérieusement ?

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30 janvier 2012

Cachez ce symbole religieux...

Symboles religieux

Parfois je me demande si les sénateurs et députés n'ont pas un peu fumé des substances illicites. Ces derniers temps, au nom de la laïcité on voit tout et n'importe quoi.

Il y a quelques mois, une employée d'une crèche avait eu des ennuis car elle souhaitait porter le voile au travail. Personnellement je n'approuvais pas ce genre de comportement et je trouvais dommage qu'il y ait eu des crispations des deux côtés.

Suite à cette affaire, le gouvernement a voulu légiférer sur tout ce qui a un rapport avec la garde d'enfants visiblement. C'est ainsi que les signes religieux seront désormais interdits même pour les assistants maternels exerçant à domicile ! Autrement dit on passe d'une extrême à l'autre !

Selon le texte," une personne portant des tenues à caractère religieux ou ayant chez elle des signes religieux (tableaux, photos, sculptures...) ne serait pas autorisée à exercer la profession d'assistant maternel".

Il est compréhensible que les principes de laïcité soient applicables à une structure (même privée) accueillant du public, mais là on entre dans le domaine du privé. Lorsque des parents confient leur enfant à un assistant maternel à domicile, c'est en connaissance de cause car ils voient les lieux où l'enfant évoluera. Si il y a des signes religieux qu'ils jugent ostentatoires, ils peuvent s'adresser à une autre personne.

On est donc arrivé à une situation inacceptable où le législateur pénètre la sphère privée. D'ailleurs comment contrôler les assistants maternels ? Lorsqu'ils recevront la visite de contrôle ils cacheront les éventuels signes religieux le temps de l'entretien pour les remettre ensuite ?

Je suis à peu près sûr que la nounou qui m'a gardé quand j'étais petit avait une croix accrochée au mur. J'imagine sa stupéfaction si on lui avait demandé à l'époque de l'enlever...

Ce monde est devenu fou.

Merci à Erwan pour avoir pointé ce texte.

28 janvier 2012

Autoroutes, 4 voies vers le profit

AutorouteJe n'ai jamais digéré la vente des autoroutes par le gouvernement Villepin en 2006. Un certain député Bayrou s'était violemment opposé à ce projet à l'époque d'ailleurs. J'ai lu plusieurs articles montrant que le montant de cette vente avait été plutôt en faveur des acquéreurs. Bref, on a bradé des bijoux de famille et l'Etat leur fait aussi des cadeaux.

C'est pourquoi je bondis à chaque annonce de hausse des tarifs autoroutiers. C'est encore le cas ce mois-ci avec une hausse moyenne de 2,33%, soit plus que l'inflation officielle.

Comme d'habitude, les sociétés d'autoroutes veulent nous faire pleurer en quémandant ces hausses auprès du gouvernment qui ne régule plus gand chose. Elles investissent tellement qu'elles ont un besoin vital de ces augmentations.

Je suis donc allé faire un tour sur le site de Vinci pour voir leurs résultats financiers, ils sont accessibles librement. Vinci est la première société d'autoroute européenne, on n'est pas très loin du monopole...

Voici donc quelques chiffres qui me paraissent éloquents, je ne suis pas expert en comptabilité :

Au 1er semestre 2011, Vinci a dégagé un résultat net de 813,5 millions d'euros (en hausse de 15% par rapport à l'année précédente). La capacité d'auto-financement est à la même période de 2,33 milliards d'euros (en hausse de 10,5%). Quant au chiffre d'affaire, il est passé à 17,3 milliards d'euros (en hausse de 17%). L'entreprise n'est visiblement pas dans le besoin.

Dans le même temps, les sociétés d'autoroutes ont augmenté le nombre de passages automatiques et réduit le personnel pour faire des économies. Le taux d'automatisation aux péages est passé de 21% en 2006 à 39% en 2010. En 2008, le groupe Vinci Autoroutes comptait 8585 employés. En 2010 il n'en avait plus que 8051, soit une baisse de 6%. Tout ça doit permettre au groupe de faire de belles économies.

Eh bien cela ne suffit visiblement pas puisque les autoroutes n'ont jamais été aussi chères et les tarifs n'arrêtent pas d'augmenter.

Si le réseau autoroutier était resté dans le giron public, les bénéfices auraient contribué à l'intérêt général. Au lieu de cela, chaque kilomètre parcouru sur ces fichues bandes d'asphalte gavent un peu plus les actionnaires toujours plus gourmands. Capitalisme sauvage, quand tu nous tiens...

25 janvier 2012

SNCF, pourquoi faire simple ?

Regardez bien cette photo, je ne pense pas qu'elle soit truquée. Je l'ai reçue dans l'un des tweets de Ioudgine.

Panneau SNCFEdifiant non ?

Cette annonce est symptomatique des grandes entreprises, là où on prend des décisions ridicules en haut lieu et où on s'efforce d'accompagner le changement.

Voici donc une situation "avant" : on a 5 quais libellés A, B, C, D et E. Simple, clair, efficace, accessible même aux enfants de six ans. Impossible de se perdre.

Et "après", la situation se complique. A devient 1, ça peut paraître logique, jusqu'ici tout va bien. Le quai B désigne les voies 1B et 2. Là je commence à être perplexe mais après tout 2 vient après 1. Le quai C devient 1E, ça y est je suis perdu, aucune logique. Puis D mute en CE (!) et, cerise sur le gâteau, E devient 2E ! C'est pire que tous les tests psycho-techniques que j'ai passés, je ne vois pas le raisonnement humainement logique qui a conduit à ce changement de noms. C'est une machine froide qui a désigné ainsi au hasard les nouvelles dénominations ?

Je me demande ce qui est passé par la tête des crânes d'oeufs pontes de la SNCF qui ont décidé que A, B, C, D et E étaient has been. Ils trouvaient que c'était trop simple, les voyageurs devaient désormais réfléchir avant de monter dans leur train. Ils ont donc "harmonisé" comme ils disent. D'ailleurs, l'harmonisation saute aux yeux, des voies nommées "1" ou "2E" c'est harmonieux, non ? Admirons au passage comment le service communication s'est creusé la tête...

Ce changement de signalétique n'a pas été fait sans raison. Il ne s'agissait pas d'occuper quelque chargé de mission du siège de la compagnie nationale en mal de sensations. Non, ce changement n'a autre but que notre "confort" comme le dit le panneau ! C'est trop gentil, vraiment, fallait pas.

Le petit bonhomme de l'affiche, lui, ne tient pas à attraper une migraine, il fuit la voie au nom énigmatique...

11 janvier 2012

Si à 50 ans t'as pas dîné au Fouquet's...

Fouquet's

Chaque fois que je vois (ou j'entends) Christian Estrosi, je me demande comment ce type a pu être ministre, comment il a pu être élu maire d'une grande ville comme Nice. Les petits vieux de la Côte d'Azur doivent lui trouver un côté rassurant.

En cette période électorale il n'est pas le dernier à dégainer pour défendre son président chéri. Du coup il dit des bêtises.

Agacé par les éternelles critiques de la mémorable soirée de mai 2007 pendant laquelle Sarkozy et ses amis ont fêté la victoire au Fouquet's, il a tenté de relativiser le bling-bling d'alors en affirmant que ce très chic restaurant n'était en fait qu'une "brasserie populaire des Champs-Elysées" ! On sent l'homme près du peuple.

Dans la journée il a dû s'apercevoir de la bourde et a tenté une leçon de Français : par populaire, il voulait dire connue !

Je conseille à cet ancien champion de moto d'ouvrir un dictionnaire. Populaire n'est pas vraiment synonyme de connu. Il implique une adhésion du peuple, du plus grand nombre. Un lieu populaire est donc par définition tout le contraire d'élitiste, ce qui n'est pas vraiment le cas du célèbre Fouquet's.

Je suis toujours surpris par le décalage énorme entre la vision des "élites" et le vécu quotidien des gens du peuple que nous sommes. Je ne suis pas sûr d'avoir un jour les moyens d'emmener ma famille dîner au Fouquet's mais je suis certain d'être plus éclairé que M. Estrosi...

9 janvier 2012

La délicatesse

La délicatesse

La bande-annonce mettait l'accent sur l'incongruité de la relation entre les personnages principaux, Nathalie et Markus. Pourtant c'est un film plus fin et sensible qu'il n'y parait.

Nathalie, jeune veuve éplorée, s'investit à fond dans son travail. Un jour, sans vraiment s'en rendre compte (!), elle embrasse fougueusement l'un de ses collègues avant de retourner à son travail comme si de rien n'était. L'homme timide et benêt (en tout cas aux yeux des autres) en est complètement tourneboulé. Persuadé d'avoir provoqué un coup de foudre chez la jeune femme, il va nourrir des sentiments sincères vis-à-vis d'elle. Même quand il réalise que Nathalie avait été un peu vite en besogne, il va tenter de l'apprivoiser grâce à son humour. Cette relation étrange et improbable va provoquer le trouble et même la jalousie dans l'entreprise. En effet le patron est lui-même sur les rangs pour tenter de séduire la jeune femme et n'apprécie guère de se faire doubler par un rustre.

Les deux acteurs principaux sont très bons, Audrey Tautou incarne parfaitement la jeune froide refroidie par le destin et François Damiens est excellent de naïveté et de simplicité. Ainsi Markus le timide va petit-à-petit gagner la confiance (et plus ?) de sa jeune collègue, tout en délicatesse...

3 janvier 2012

Le pauvre hère jeune

Métro

Il faisait frais ce matin-là. J'avançai sur le quai du métro quasi désert, les mains dans les poches et le col remonté. A ma gauche, entre deux sièges, j'aperçus un duvet provisoirement abandonné par son propriétaire. Je pensai qu'un pauvre homme avait passé quelques heures à dormir ici. Je pus distinguer une silhouette près du distributeur de friandises à l'autre bout du quai. L'homme s'est tourné vers moi et m'a apostrophé "eh m'sieur !". Je lui ai lancé un regard vide, malheureusement blasé par les incessantes sollicitations des mendiants.

L'homme s'est approché de moi d'une démarche mal assurée, il était très maigre. "S'il vous plait, vous auriez pas 20 centimes pour me dépanner ?". Disant cela, il me montra le creux de sa main avec quelques pièces jaunes. Il lui en manquait une pour acheter de quoi manger. Son regard était saisissant, un mélange de colère rentrée et de lassitude. Ce qui m'a frappé le plus était sa jeunesse, la vingtaine tout au plus.

J'avais justement une pièce au fond de ma poche, j'ai sorti une main et lui ai tendu la monnaie. Je n'ai pas trouvé autre chose à lui dire que "tenez, v'là 50 centimes". Il m'a remercié d'une voix neutre et est reparti vers la machine. Je me suis tourné vers le quai en face, perdu dans mes pensées.

La rame de métro que j'attendais est arrivée en station. Le jeune homme est repassé devant moi pour retrouver son duvet. Il avait dans la main son petit-déjeuner qu'il avait commencer à mâcher. En croisant mon regard il m'a remercié à nouveau mais son regard exprimait plus d'amertume que de gratitude. Juste avant d'entrer dans la rame je lui ai fait un signe de tête en esquissant un léger sourire, difficile de ne pas vouloir paraitre bienveillant ou trop compassionnel.

Moi aussi j'éprouve de la lassitude. Marre de voir qu'il y a de plus en plus de personnes précaires dans nos rues, marre de voir cette jeunesse gâchée.

23 novembre 2011

Sortie du nucléaire, une évidence

Centrale nucléaire - flickr - huntzLes bisbilles pathétiques entre socialistes et écolos ont au moins eu l'avantage de (re)donner un éclairage sur la filière nucléaire française.


Même si le débat sur le sujet est tabou en France, je vous livre ici mon opinion à ce sujet.

C'est une énergie polluante. Si elle ne dégage pas de gaz à effets de serre, l'exploitation nucléaire génère les fameux déchets radio-actifs dont on ne sait que faire, à part les enterrer profondément sous terre. On joue à l'autruche avec ces déchets et on les lègue à nos descendants, sympa pour eux.


C'est une énergie coûteuse. Je n'ai pas les chiffres sous la main mais on peut les trouver. Le coût de construction, maintenance et démantèlement d'une centrale est faramineux, même étalé sur plusieurs décennies. Les partisans du nucléaire ont tendance à ignorer le prix du démantèlement des centrales en fin de vie, peut-être parce qu'on n'a pas encore fini un tel chantier en France.

Le nucléaire ne permet pas l'indépendance énergétique pour l'électricité comme on nous rabache les oreilles. C'est même un argument mensonger. En effet d'une part, l'uranium dont on a besoin provient en grande partie de pays d'Afrique dont la stabilité est aléatoire. De plus, quand on produit 75% de l'électricité à partir d'une seule source, on ne peut pas vraiment parler d'indépendance !


Le nucléaire est dangereux. On le savait déjà avant le désastreux épisode japonais et personne ne peut garantir qu'une pareille catastrophe ne put pas arriver ici. Un accident nucléaire est de toute façon par définition international car les retombées radio-actives ne connaissent pas de frontières. Sauf peut-être celles de Tchernobyl. Cette énergie est également dangeureuse pour ceux qui travaillent dans le domaine. Ils ont d'ailleurs un suivi médical approprié, c'est dire.

Avec tout ça, je ne sais pas pour vous, mais moi j'ai hâte qu'on passe à autre chose, que l'on consomme et produit l'électricité autrement. Il serait temps !

14 novembre 2011

Intouchables, le film qui ne part pas avec un handicap

Intouchables

Philippe a un handicap lourd, il ne peut plus bouger que la tête. C'est donc désabusé qu'il mène les entretiens d'embauche de son prochain auxiliaire de vie dans son grand appartement des beaux quartiers. Driss, grand dadais de banlieue, vient à l'entretien, lui aussi désabusé, il est persuadé qu'on le renverra dans les cordes, c'est-à-dire à l'agence pour l'emploi.

Pourtant Philippe lui donne sa chance, sans doute séduit par sa verve et sa fraicheur.

C'est l'un des atouts de ce film. Il a certainement été taillé sur mesure pour la répartie et la bonne humeur communicatrice d'Omar Sy. Le film a énormément de succès et il faut s'attendre à ce que quelques répliques cultes restent dans nos mémoires.

Le film repose aussi évidemment sur l'opposition culturelle entre le riche aristocrate et le gamin de banlieue. Lorsque Philippe, fin mélomane, fait découvrir à son employé un morceau des 4 saisons de Vivaldi, le jeune reconnait instantanément la musique d'attente au téléphone de l'agence pour l'emploi, choc culturel et fou rire garantis.

Le film montre aussi de temps en temps la réalité de la banlieue, sans compassion ni caricature.

On passe un excellent moment de détente et d'émotion devant cette histoire (inspirée d'une situation réelle). Je comprends qu'il fasse l'unanimité (à part quelques aigris peut-être) dans la critique. Il nous distille une bonne dose de bonne humeur et d'espoir. En ces temps sombres de crise, ça fait vraiment du bien, ne vous en privez pas...

11 octobre 2011

Satisfecit pour le marketing

FormulairesL'autre jour je suis allé flaner dans un magasin culturel dont l'enseigne se targue d'être un agitateur de curiosité. Comme souvent, après avoir fait un tour aux rayons de DVD ou de livres, j'en suis sorti sans rien acheter, mon pouvoir d'achat m'oblige à être raisonnable.


Alors que j'allais passer les portiques antivols, un jeune homme m'a stoppé net pour me proposer une enquète de satisfaction. Voyant ma mine peu enjouée, il m'a juré que cela "ne durerait que 3 minutes". J'ai eu pitié et j'ai accepté.
Il a commencé alors une longue série de questions où il fallait évaluer de "très satisfait" à "pas du tout satisfait", en passant par "plutôt satisfait". Appréciez la nuance.


J'avoue que je n'étais pas toujours sûr de mon niveau de satisfaction pour mon passage dans les rayons, étais-je "très" ou "plutôt" satisfait ? Et puis d'abord, en quoi le parcours au milieu des livres ou des DVD me satisfaisait-il ?
Le jeune homme cochait à la vitesse de l'éclair les cases sur son formulaire de 4 pages. J'étais étourdi, je finissais pas répondre au hasard, j'alternais les "très" et les "plutôt" en essayant de garder une certaine parité. Au fond mes réponses n'avaient aucun sens et je me demande si le type en était conscient. Après tout ce n'était pas son problème, il devait produire du formulaire, c'est tout.


Je suis certain que la plupart des sondés, pris comme moi sur le vif en sortant du magasin, répondent au hasard pour échapper au plus vite à ce tourbillon infernal de questions.


J'imagine comment les têtes pensantes des services marketing de l'enseigne vont exploiter toutes ces données fausses. Est-ce que ces gens sont conscients que leurs enquêtes sont faussées ? Se réjouiront-ils de tous ces "très satisfait" obtenus ? Vont-ils suggérer des modifications dans les rayons suite aux réponses ? Les employés vont-ils en pâtir ? Ces pros du marketing devraient eux-mêmes affronter les clients avec les formulaires qu'ils ont inventés, ils s'apercevraient peut-être du caractère pénible et peu fiable de leurs oeuvres.


La prochaine fois, je déclinerai l'invitation à cocher des cases...

6 octobre 2011

Dieu de l'informatique ?

MacInstoshJ'ai appris comme tout le monde la disparition du charismatique Steve Jobs.

Comme souvent dans la secte Apple, les réactions peuvent être démesurées. Ainsi ai-je lu "Dieu est mort".

Faut pas pousser quand même. S. Jobs a eu certes une influence dans l'industrie informatique mais il est loin d'être le seul.

Beaucoup d'autres personnalités moins connues ont fait avancer les choses dans l'ombre.

Je pense par exemple à Tim Berners-Lee qui est l'inventeur, excusez du peu, du World wide web, concept que les plus jeunes d'entre vous ne connaissent sans doute pas. C'est ni plus ni moins l'invention qui vous permet de lire ce blog aujourd'hui.

On pourrait citer également Linus Torvalds, le génial inventeur du noyau linux. Ce système est tout de même utilisé sur la majorité des serveurs web du monde !

La dernière fois que j'ai utilisé un produit Apple (pour mon usage personnel), il devait ressembler à l'ordinateur de la photo. C'est dire si j'ai évolué dans l'informatique bien loin du monde de M. Jobs. Rappelons que les tablettes tactiles existaient avant l'iPad.

Par certains côtés, Steve Jobs était visionnaire mais il a avant tout su créer cet univers particulier et des besoins nouveaux pour ses afficionados. Je me demande ce que vont devenir tous ces iphones et ipads usés, j'espère qu'ils ne vont pas finir dans la nature.

Malgré tout, il est parti trop tôt, comme tant d'autres, victime de ce fichu cancer. Paix à son âme.

4 septembre 2011

Enseignants au pilori

ProfQuand j'ai lu cette info dans mon magazine, j'ai failli tomber de ma chaise mon fauteuil.

On sait déjà que les enseignants ont souvent fort à faire avec certains parents d'élèves qui sur-protègent leurs rejetons. Je me souviens du cas consternant du gendarme (!) ayant porté plainte contre l'instituteur qui avait osé gifler son fils chéri.

On va de plus en plus loin dans cette dérive judiciaire et le dialogue semble se rompre entre le corps enseignant et les parents d'élèves.

Les téléphones mobiles sont un cauchemar pour les profs. Il me semble que les règlements intérieurs des établissements le proscrivent. Mais les professeurs qui confisquent les téléphones pris en flagrant délit de sonnerie risquent désormais gros. En effet, des avocats, flairant sans doute le bon filon de procès parents/enseignants, ont édité un bouquin pour aider les pauvres parents juridiquement face aux terribles et monstrueux enseignants !

Ainsi, un prof qui confisque un téléphone porte atteinte à la propriété privée du petit con gentil élève ! Le livre fournit ainsi des conseils juridiques et des lettres-types afin de faire trembler l'institution qui ose traumatiser les pauvres petits.

On est en plein dans la société de l'enfant-roi. Rien ne doit contrarier le quotidien de ces chérubins. A ce compte-là, je me demande pourquoi on se force encore à les envoyer à l'école, ce lieu de torture !

Je n'ai pas l'impression d'être vieux-jeu, ni vieux tout court. Mais il me semble que c'est un minimum pour les élèves et leur parents de respecter des règles de vie en société. Ainsi les enfants ne connaissent que le rapport de force dès le plus jeune âge et les enseignants sont complètement déconsidérés. Ce n'est pas cette société qui me fait rếver...

Source : Marianne n°750

26 août 2011

La publicité de l'angoisse

GazOn sait que la publicité sait susciter des besoins nouveaux (souvent insoupçonnés) chez les consommateurs. Mais elle peut aussi jouer la carte de l'angoisse.

Sur la route de mes vacances, j'ai été matraqué par une publicité à la radio dont je vous livre ici une retranscription à peu près fidèle (de mémoire) :

- Cliente angoissée : "Allo le conseiller G** de France ? Je déménage et je m'aperçois que je n'ai pas fait les démarches pour mon gaz et l'électricité !"

- Conseiller rassurant : "Ne vous inquiétez pas, vous pouvez effectuer votre changement d'adresse sur internet. En plus, nous pouvons nous occuper du gaz et de l'électricité, vous n'aurez qu'une seule facture !"

- Cliente toujours angoissée : "Mais mon ordinateur est dans les cartons, comment je vais faire moi ?"

- Conseiller rassurant : "Vous pouvez le faire aussi depuis votre smartphone depuis notre application !"

- Cliente enfin rassurée : "Mais comment faites-vous pour penser à tout vous ? Merci !"

Consternant, non ?

Bon quelques remarques personnelles :

- Quand on déménage, on n'attend pas le dernier moment pour s'occuper de ce genre de chose, elle aurait pu appeler plus tôt (avant d'emballer l'ordinateur par exemple !)

- Comme il l'avait au téléphone, le conseiller aurait pu prendre en compte son déménagement au lieu de l'envoyer sur les roses un site web impersonnel.

- Faute d'ordinateur, je me vois mal remplir un formulaire de déménagement sur l'écran minuscule d'un smartphone !

- Personnellement, je ne confierais pas l'électricité et le gaz au même opérateur. L'histoire de la facture unique, c'est un argument qui me laisse froid.

Pour les quelques déménagements que j'ai effectués dans ma vie, je n'ai jamais eu de problème lors du transfert de mon compte de gaz ou d'électricité. J'ai toujours appelé un conseiller quelques jours auparavant et tout s'est bien déroulé. Cela ne m'a jamais angoissé, loin de là.

Cette publicité essaye donc de créer de l'angoisse là où il ne devrait pas y en avoir. Ce n'est pas nouveau mais je l'ai entendue tellement souvent ces temps-ci que je voulais vous en faire part...

10 août 2011

On masse gratis !

TrépiedCet après-midi, je déambulais tranquillement dans les rues parisiennes lorsque que j'ai été attiré par quelque chose sur une petite place. Plusieurs personnes étaient assises sur des tabourets et se faisaient masser. J'ai alors aperçu un petit panneau annonçant "massage 10mn gratuit".

J'étais tenté et alors que je commençais à peine à me gratter le menton d'hésitation, une accorte jeune fille en robe à fleurs s'est approchée de moi en souriant et m'a proposé un massage.

Cette fois plus d'hésitation, je commençai à la suivre et me réjouissai à l'idée de passer une dizaine de minutes dans ses mains expertes. Après tout, mon corps est un peu fatigué ces temps-ci, si, si !

Mais mon sourire s'est figé, elle m'a finalement confié à un des ses collègues masculins, tout sourire et portant des lunettes de soleil teintées comme des miroirs. Il m'a indiqué le tabouret où m'asseoir, je me suis exécuté.

Il n'a pas été très bavard, il m'a demandé de me détendre. J'étais donc si tendu ? Il n'a pas oublié de préciser que le massage était gratuit, "mais en fait on donne ce qu'on veut...". D'accord, j'ai compris.

A côté de moi, s'est installé un touriste allemand qui a été pris en main par la jeune fille à la robe à fleur, allez comprendre.

Le massage a été malgré tout plutôt agréable. Au bout de 15 minutes environ, mon masseur à miroirs m'a informé que c'était terminé, il a vaguement expliqué que c'était une association qui organisait ces séances en me tenant une petite carte. J'ai versé une obole et je m'apprétais à prendre la petite carte mais il a esquivé mon geste et l'a rangée. Etrange, je n'ai même pas eu le temps de noter les coordonnées.

Pas grave, j'aurais peut-être l'occasion d'y repasser, il y aura sans doute encore des robes à fleurs...

3 août 2011

L'ordinateur contrôle le bar

BarL'autre soir je décidai de prendre un verre avec une amie. On a jeté notre dévolu sur un bar sympa qui proposait des happy-hour de 18h à 21h. Ça tombait bien, il n'était même pas 18 heures quand on s'est assis, on a donc commandé nos cocktails, persuadés d'avoir le tarif allégé.

Le temps est passé, les verres se sont enchaînés (mais pas trop je vous rassure) et est venue l'heure de régler la note. Lorsque l'employée m'a tendu le ticket, j'ai tiqué et mon amie a fait la tête. En effet, les cocktails commandés juste avant les six coups de 18 heures nous étaient facturés plein pot ! Pas sympa quand même.

J'ai donc demandé à l'employée de revoir sa note à la baisse. Elle m'a déclaré qu'elle ne pouvait pas parce que, "vous comprenez, c'est l'ordinateur qui calcule, je peux rien faire !". C'était la phrase à ne pas me dire car je me doute bien que même si le bar est informatisé, il y a toujours moyen de personnaliser l'utilisation du programme.

Elle a voulu me faire croire que le bar était sous le contrôle de l'informatique toute puissante. Je me suis surpris à regretter les bonnes vieilles caisses enregistreuses avec leur sonnette, au moins là tout était possible.

J'ai gentiment insisté auprès de l'employée, elle est repartie auprès de l'ordinateur infernal et est revenue, Ô miracle, avec une facture deux fois moins élevée. Elle a bien dit que c'était "la dernière fois !". C'était effectivement la dernière fois que je mettais les pieds dans ce bar. En attendant, j'avais vaincu l'ordinateur et mon amie avait retrouvé le sourire...

29 juillet 2011

Le célibat des chaussettes

ChaussettesCe billet m'a été inspiré par un échange avec une "amie" sur twitter, elle se reconnaitra...

Je veux parler ici d'un fléau qui semble frapper de nombreux foyers : les chaussettes qui restent non assorties.

A chaque lessive, je vis la même angoisse. Dans un premier temps, lorsque j'étends le linge, j'ignore le problème. Les chaussettes mouillées me semblent toutes similaires...

Et puis, quelques jours plus tard vient le moment angoissant : vais-je retrouver mes paires de chaussettes sèches intègres ? Je les prends une par une, je les dépose méticuleusement sur le côté. A chaque nouvelle chaussette qui se présente, je cherche son alter-ego. La plupart du temps, je parviens à réunir les paires heureusement.

Mais souvent j'arrive au bout de mon stock de chaussettes pendantes et une ou deux restent désespérément seules sur le côté.

C'est un phénomène que je ne m'explique pas. Je porte pourtant les chaussettes par deux, n'étant pas unijambiste. Je les lave donc par deux. C'est en toute logique un nombre pair de chaussettes que j'introduis systématiquement dans le lave-linge.

Ah le lave-linge ! Et si c'était lui le responsable ! Est-ce que c'est lui qui retient mes chaussettes en otage ? Plusieurs fois je me suis approché, prudent, du tambour vide. J'ai scruté, touché, aucune trace.

C'est un mystère, ça pue cette histoire...comme mes chaussettes...

23 juillet 2011

Contrat de confiance, non merci

RéfrigérateurL'autre jour ma maman m'a dit qu'elle souhaitait changer son frigo vieillissant. Je lui ai proposé de l'accompagner dans un magasin pour en choisir un nouveau. On est naturellement allés dans un des magasins de la chaîne nationale bien connue pour l'électro-ménager, celle dont l'héritière a épousé le fils de notre monarque.

Sur place, le choix fut vite fait car on avait une contrainte sur la hauteur maximale de l'appareil. On a donc hélé un vendeur qui passait par là pour qu'il enregistre notre choix, non sans lui avoir tout de même demandé quelques précisions techniques.

Il nous a installés à une table puis a commencé un discours alarmiste sur la fiabilité de l'appareil. Je le voyais venir avec ses gros sabots, mais je l'ai écouté, amusé. Selon lui, pour d'oscures raisons techniques, ce nouveau type d'appareil pouvait être sujet à des pannes, même en début de vie. Il était donc plus prudent de prendre une assurance pour compléter la garantie habituelle.

Ma mère qui n'est pas tombée de la dernière pluie l'avait aussi vu venir et l'a finalement coupé dans son élan pour lui dire que cela ne l'intéressait pas. Le vendeur ne s'est pas démonté et a déclaré que l'assurance ne coûtait que 69 euros. Voyant la moue maternelle, il a d'ailleurs tout de suite consenti à une remise pour la proposer à 39 euros !

Malheureusement pour lui, cette remise aussi impressionnante que rapide n'a toujours pas convaincu sa cliente et il a dû finir sa transaction en cachant tant bien que mal sa déception.

J'avais un peu pitié de lui. Je sais en effet que les vendeurs sont sous pression pour nous fourguer vendre proposer leurs assurances complémentaires et qu'ils doivent avoir des objectifs à tenir.

Mais c'est quand même triste de voir qu'aujourd'hui les vendeurs d'électro-ménager insistent plus sur les supposées pannes que sur la qualité de leurs produits...

23 juin 2011

Appelez-moi Monsieur l'ambassadeur !

Champagne

Je travaille dans une entreprise qui vend des services. En tant qu'employé, j'ai des tarifs préférentiels sur certains de ces services. Oh, rien de mirobolant comme ces veinards de la SNCF ou d'Air France qui voyagent à l'oeil ou presque, mais juste une petite réduction.

J'ai récemment souscrit à un nouveau service commercialisé par l'entreprise. Lorsque j'ai reçu la facture, j'ai constaté qu'on m'avait appliqué le tarif public. J'ai immédiatement appelé la hotline pour protester. Après seulement deux minutes d'attente, j'ai été pris en charge par un certaine Julie à la voix charmante.

Après avoir tapoté sur son ordinateur, elle m'a confirmé que j'étais en effet censé bénéficier du tarif "ambassadeur" ! En entendant ce qualificatif, des images se sont bousculées dans ma tête, avec notamment une confiserie chocolatée bien connue.

Et puis j'ai réalisé qu'on ne parlait plus désormais de tarif "collaborateur", sans doute trop connoté. Je suis donc officiellement ambassadeur de la marque. Persuadé de la qualité de ses services, je dois promouvoir la marque de par le monde. Enfin surtout en France en l'occurrence.

Je surveillerai la prochaine facture si elle porte bien la mention de ma nouvelle qualité...

18 juin 2011

Le nucléaire en France, plus que jamais un sujet tabou.

Centrale nucléaire

Pour ceux que l'auraient ratée, regardez la séquence qui est peut-être encore visible sur le site de M6.

Pour résumer, le journaliste pose des questions un peu insistantes sur le coût de l'électricité nucléaire et la sûreté des centrales françaises.Le ministre, un peu tendu, répond aux questions avec la langue de bois habituelle. Jusque là, rien de nouveau.

Mais le journaliste veut essayer de mettre son invité devant ses contradictions, il veut lui montrer le témoignage d'un ancien employé de la filière nucléaire qui visiblement met à mal la théorie officielle sur la sûreté de nos sites. Là c'en est trop, le ministre sent peut-être qu'il aura du mal à répondre après un témoignage accablant. Il ne veut pas assumer et "se barre" du plateau, laissant pantois le journaliste ! A mon sens le journaliste a été correct tout au long de l'entretien, juste insistant, c'est tout !

Outre le fait que ce n'est pas très digne d'un ministre de fuir ainsi ses responsabilités, cette réaction est malheureusement révélatrice. En France, l'industrie nucléaire est allée très loin car on a le record mondial d'électricité provenant de la fission de l'atome. Il faut donc préserver et pérenniser cette industrie selon nos gouvernants. C'est une obsession et tout débat à ce sujet est tué dans l'oeuf. C'est quasiment un sujet tabou. C'est d'autant plus étonnant que notre Président se targue souvent de pouvoir aborder n'importe quel sujet, affirmant qu'aucun thème n'est tabou !

Visiblement, il reste dans ce pays un sujet tabou, c'est le nucléaire. On a bien compris que la droite s'enferme dans le déni de débat et s'opppose même, pour une fois, à la majorité des Français qui désirent au minimum un débat sur la sortie du nucléaire.

15 juin 2011

Education nationale, une logique implacable

Classe - flickr ne*

Depuis des années, on n'entend parler que de suppressions de poste à l'Education nationale. A tel point que je me demande parfois si il y a encore des professeurs devant les élèves.

En plus d'être une vraie tête à claques, le ministre actuel de l'Education nationale semble avoir mis un point d'honneur à continuer à démanteler cette belle institution.

Sur le site gouvernemental, on retrouve la propagande :

Le schéma d’emplois en 2011

En 2011, un fonctionnaire sur deux partant en retraite n’est pas remplacé. Cela représente 16 000 suppressions de postes dans l’Éducation nationale réparties de la façon suivante :

  • 8 967 enseignants du premier degré. Ce chiffre intègre la résorption de 5 600 surnombres.
  • 4 800 enseignants du second degré
  • 600 emplois de personnels administratifs
  • 1 633 emplois dans l’enseignement privé

Le président de la République s’est engagé à réaliser des économies : chaque ministère doit participer à cet effort.

L’augmentation continue des moyens depuis plus de 30 ans n’a pas été accompagnée d’une amélioration des résultats scolaires.

Mais comme ce gouvernement n'est pas à une contradiction près, le fumeux fameux ministre lance une grande campagne de recrutement ! Ne cherchez pas la cohérence dans l'action, il n'y en n'a pas !

Pour le fun, voici la superbe affiche de cette plaisanterie :

Recrutement enseignants

J'ai entendu le ministre, interrogé par un journaliste, répondre à cet apparent paradoxe. J'avoue que je n'ai rien compris à sa réponse. Comme ses collègues, c'est un redoutable expert en noyage de poissons...

11 juin 2011

La mauvaise foi des politiques

fingerLe titre de ce billet pourrait être un pléonasme tant on voit d'exemples.

Je ne m'attarderai pas sur le cas de DSK dont les avocats, à l'heure où j'écris ceci, tendraient à nous faire croire que la femme de ménage rencontrée fortuitement dans sa chambre suite d'hôtel a volontiers laissé le plumeau pour consentir à une relation impromptue...

Il y a quelques jours, le député Emmanuelli, visiblement énervé, s'est lâché en pleine séance à l'Assemblée nationale et a furtivement dressé son majeur droit vers le Premier ministre qui était en train de parler. Les députés opposés se sont offusqués lorsqu'ils ont visionné la scène (oui, ellei a été immortalisée en vidéo, pas de chance). Croyez-vous qu'Emmanuelli se soit excusé ? Non, bien sûr. On avait beau lui mettre le nez sur la vidéo, il a nié avoir eu un geste déplacé. Y a-t-il quelque chose de mal à reconnaitre qu'on s'est emporté ?

Prenons aussi l'exemple de Luc Ferry. L'échevelé philosophe est détaché comme président délégué d'un obscur comité satellite de Matignon, le Conseil d'analyse de la Société, tout un programme. Sans doute trop absorbé à relire les rapports pondus par ses collaborateurs, il ne peut pas assurer les cours à l'université dont il dépend. Bonne fille, l'administration a continué à lui verser ses 4500 euros mensuels d'émoluements, bien que le détachement ne soit pas officiellement valide. Le président de l'université a fini par s'en émouvoir et a rappelé plusieurs fois notre valeureux philosophe à ses devoirs. Celui-ci l'a tout simplement ignoré mais n'a pas oublié d'encaisser les salaires pour autant. Cette affaire, jusqu'ici restée discrète a malheureusement été éventée par un hebdomadaire satirique. Croyez-vous que Ferry ait reconnu une faute ? Non, bien sûr. Il plaide l'erreur admisnitrative. Elle a bon dos l'administration. Aux dernières nouvelles, Matignon rembourserait à l'université les salaires indûment versés...

On pourrait multiplier les exemples à l'infini.

Pas besoin de chercher bien loin le désamour des citoyens pour la chose publique, la mauvaise foi y règne...

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