Jérôme blogue...sérieusement ?

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17 mai 2013

Frénésie numérique

Téléphones en réunion

Vous avez tous constaté comme moi l'essor fantastique des "nouvelles technologies" ces dernières années. Comme je ne suis plus tout jeune, j'ai particulièrement été frappé par les changements de notre société que ces technologies ont générés.

Certains de ces changements s'apparentent pour moi à un manque de civilité (ou alors je suis définitivement vieux-jeu).

L'un des exemples célèbres qui me vient à l'esprit est le comportement surréaliste de N. Sarkozy lors de sa visite au Pape en 2007. Alors qu'il était en compagnie du souverain pontife, il n'a pas pu s'empêcher de consulter ses textos, sans doute de la part de sa dulcinée qu'il venait de rencontrer. Je ne sais pas si le vieux pape a réalisé que son illustre visiteur ne l'écoutait que d'une oreille.

Mais on rencontre ce genre de comportement grossier ou impoli dans la vie quotidienne. Qui n'a pas été importuné par un voisin de transport en commun qui s'éternise au téléphone, en parlant bien fort pour qu'on suive la conversation ?

Désormais, dans les réunions de travail, chacun apporte son téléphone et scrute d'un oeil l'arrivée de messages tout en suivant les slides Powerpoint®. Il n'est pas rare que l'animateur d'une réunion interrompe lui-même le spectacle pour un appel ou message intempestif.

L'autre jour j'ai même assisté à une scène incroyable (en tout cas pour moi) qu'on n'aurait pas imaginée il y a quelques années. J'étais attablé à un restaurant et j'ai remarqué qu'une (jeune) serveuse ne pouvait s'empêcher d'utiliser frénétiquement son smartphone, à n'importe quel moment. Dès qu'elle recevait un message, il fallait qu'elle le consulte et y réponde aussitôt, même en plein travail. A plusieurs reprises, je l'ai vue stoppée dans son élan tout près d'une table qu'elle s'apprétait à débarrasser, pour tapoter sur son téléphone. Certains clients semblaient un peu interloqués mais n'osaient pas l'interrompre dans sa communication intense. Quant au patron du resto, il ne pouvait ignorer le manège mais n'a jamais fait la moindre remarque à son employée. Il faut dire que c'est difficile de recruter dans ce secteur...

En plus d'avoir fait de nous des êtres multi-tâches, la technologie a-t-elle introduit une notion différente du rapport à l'autre ? Bientôt, on aura plus de considération pour la personne au bout de la ligne que celle en face de nous, c'est peut-être déjà le cas...

15 mai 2013

Think tank ou comment réfléchir idiot

Membres du think tank cartes sur table

Regardez ces jeunes gens propres sur eux sur la photo, ils sont membres du think tank "cartes sur table" et ils réfléchissent à des solutions pour notre pays. Ils réfléchissent beaucoup apparemment.

Rappel : un think tank est une sorte de club de réflexion, souvent proche d'un parti politique. Les membres de tels clubs, souvent d'éminents étudiants et intellectuels, formulent des propositions issues de leurs intenses brainstormings.

Revenons à nos fringants amis de "cartes sur table". Leurs CV sont impressionnants : doctorants en économie, politiste (!), philosophes, journalistes et j'en passe. Très près du peuple donc. Pour aider leur mentor Hollande, ils proposent 100 mesures pour améliorer la vie quotidienne des Français, en toute modestie. Je n'ai pas regardé toutes ces propositions, c'est la n°83 qui retient ici mon attention.

Ces petits jeunots proposent en effet de taxer les propriétaires de leur résidence principale sous le prétexte que ceux-ci n'ont pas à payer de loyer ! Mais, magnanimes, ils proposent tout de même de déduire les intérêts d'emprunt, sympa de leur part.

Mais d'où sortent ces gens ? Une part importante des propriétaires doivent s'endetter sur des décennies pour payer leur logement. Bien souvent ils sont à la retraite, donc avec des revenus diminués lorsqu'ils sont déchargés de leur dette. Une nouvelle taxe en mettrait plus d'un sur la paille.

J'ignore quelle mouche a piqué ces intellos qui veulent ainsi punir des millions d'honnêtes travailleurs qui ont réussi à se payer un toit sur la tête. Sans nul doute une telle taxe rapporterait de l'argent... au détriment du pouvoir d'achat et de la consommation. Sans compter les lourdeurs administratives supplémentaires pour contrôler tout ça...

Sans verser dans le populisme, je pense que ces réfléchisseurs distingués sont bien éloignés de la réalité de la majorité de nos concitoyens, ils devraient sortir un peu plus pour aérer leurs précieux neurones.

J'espère que le gouvernement ne prête pas trop l'oreille à ce genre d'élucubration et qu'il ne sera pas tenté d'instaurer cette nouvelle taxe abracabrantesque. Ce serait à coup sûr le moyen pour Hollande de se mettre à dos le peu de Français qui ont encore confiance en lui.

Source : http://blogs.mediapart.fr/blog/robert-magnani/280313/hollande-songerait-taxer-les-proprietaires-apres-le-remboursement-de-leur-emprunt

Ah, dernier détail : je ne suis pas propriétaire de mon logement et je ne le serai probablement jamais, vu le prix de l'immobilier. Je ne serai donc pas concerné par cette "mesure" si elle était adoptée...

29 avril 2013

La solution : achetez français !

L'autre soir je regardais une émission "politique" dont l'invité était l'inénarrable J.-L. Mélenchon. Le clou du spectacle de l'émission était le face-à-face entre le politique et l'expert économique de la chaine.

Lenglet-Mélenchon

Ce moment est toujours attendu car l'économiste tente de confronter le politique à la réalité supposée. Notre économiste distingué a donc voulu attaquer sur le thème désormais bien connu du "coût" du travail en France (sous-entendu : les employés français ne sont que des feignasses qui devraient bosser 50 heures par semaine pour des clopinettes pour arriver à concurrencer les Chinois). Voulant ménager un peu d'effet, il a sorti un stylo de sa poche en assénant que ce produit coûtait deux fois moins cher à fabriquer en Chine que dans notre beau pays. Je ne me souviens plus de la réponse de M. Mélenchon mais ce n'est pas important ici.

Cet exemple a titillé ma curisosité. Je suis donc allé dans une papeterie au coin de la rue et j'ai regardé le rayon des stylos. La plupart étaient fabriqués dans des pays exotiques, essentiellement en Asie, mais certains étaient estampillés made in France, cocorico !

J'ai donc pris trois stylos présentant des caractéristiques similaires (encre noire, bouton poussoir au bout, etc), voici leur aspect, leur provenance et leur prix :

StylosJe ne m'attarderai pas sur le style et la couleur de chaque produit, chacun ses goûts, hein.

On voit effectivement que les Indiens semblent produire à très bas coût par rapport à nous. Mais le stylo japonais n'est pas donné non plus, les employés nippons sont sans doute trop payés aussi.

Maintenant supposons que j'aie besoin d'un nouveau stylo pour remplacer mon vieux Bic® qui a rendu l'âme. Comme je n'achète pas un stylo tous les matins, dans un élan patriotique, je prendrais sans hésiter le produit français. À 2,10€, c'est un luxe que je peux me permettre (en plus j'ai un doute sur la qualité d'un stylo indien si bon marché, c'est peut-être un préjugé mais c'est comme ça).

Et là j'aimerais avoir l'économiste en face de moi pour lui dire que nous sommes nombreux (nous sommes légions) à pouvoir nous "offrir" les produits français !

Pour les sceptiques, je vais vous donner un autre exemple. Il y a quelques temps, j'ai dû changer mon vieux fer à repasser. Dans le magasin d'électro-ménager, mon choix s'était réduit à un produit chinois à 20€ et un autre français à 40€. Là encore, mon sang patriote n'a fait qu'un tour. Pour un objet qu'on va garder plusieurs années, on peut souvent débourser une somme (un peu) plus importante pour soutenir notre économie.

Je ne suis pas économiste, je n'utilise que mon bon sens. Plus nous vendrons de produits manufacturés en France, plus nous sauverons (et créérons) des emplois locaux. L'équation me semble simple, êtes-vous prêts à relever le défi ?

En plus mon fer à repasser est d'une belle couleur bleue...

19 décembre 2012

Grande nouvelle : le Web, ça se paye !

Centre de données - flickr neospireDepuis quelques jours, le Web branché (entendez les réseaux sociaux) bruisse d'une nouvelle scandaleuse : le service Instagram changerait ses conditions d'utilisation pour avoir la possibilité de monnayer les photos que les utilisateurs déposent sur le site.


On entend alors un concert de protestations presque aussi fort que pour le départ de Depardieu sous d'autres cieux fiscaux.
Quoi ? On dépose nos jolies photos sur Instagram et ces chacals sont prêts à les revendre sans nous demander notre avis ?
Parmi ces utilisateurs, combien ont lu les fameuses conditions d'utilisation (anciennes et nouvelles) ? Moi, non.


Je suis toujours surpris par tant de candeur des internautes. On leur offre un service gratuit pour déposer des photos et échanger avec leurs amis, comment pensent-ils que tout ça fonctionne ?


Eh bien sachez, chers amis, que la magie du Web repose sur des infrastructures parfois très lourdes dont on ne soupçonne pas l'existence, confortablement installés derrière nos écrans. Les plus gros sites comme Google ou Facebook possèdent leurs propres centres de données partout dans le monde avec des milliers de machines travaillant pour nous. Avec le succès, Instagram doit certainement recourir aussi à une puissance de calcul et de stockage phénoménale. Tout ça coûte très cher en électricité et en maintenance (je ne parle pas ici des conséquences désastreuses sur l'effet de serre, c'est un autre débat).


Bref, dans le monde virtuel comme dans le réel, rien n'est gratuit. Les fondations derrière des projets comme Wikipedia demandent régulièrement une participation financière aux internautes. Quant aux entreprises privées, elles cherchent forcément un modèle économique, rien de nouveau sous le soleil. D'ailleurs je m'interroge toujours sur la rentabilité de Twitter où je ne vois guère de publicité.
La prochaine fois que vous vous inscrirez sur un service "gratuit", vous le saurez !

17 octobre 2012

La mode sur la tête

Casque Beat

Dans la rue ou les transports en commun, vous les avez sûrement remarqués. Beaucoup de jeunes portent de gros casques pour écouter de la musique. C'est même devenu un objet de mode à part entière. Les casques designés hors de prix s'arrachent chez les jeunes pour qui de simples écouteurs sont désormais has been.

J'ai même vu dans un reportage que le choix du casque en magasin est aussi compliqué qu'un choix de montures de lunettes ! Les jeunes clients s'obervent dans le miroir pour voir la tête qu'ils ont avec tel ou tel modèle. L'utilisation auditive en deviendrait presque secondaire.

Mais j'ai beau regarder ces casques new generation sous toutes les coutures, je ne vois pas du tout en quoi ils apportent un plus dans le look de leurs porteurs. Ce n'est qu'un casque quoi ! Pour une écharpe je comprends, mais un casque !

Et les fabricants de casques ont bien compris le filon, ils écoulent leurs produits à des prix indécents. Franchement, plusieurs centaines d'euros pour un casque de baladeur, c'est de la folie ! Malgré la crise, les jeunes qui sont censés être sans le sou trouvent malgré tout des ressources pour se payer ces luxueux objets de mode.

Quelle sera la prochaine étape ? Demain, que sera-t-il hype de porter ? Des idées ?

9 octobre 2012

Cachez ces notes qu'on ne saurait voir !

http://www.cartoonstock.comLes socialistes ne sont jamais en peine pour sombrer dans l'angélisme. Leur nouveau cheval de bataille est le traumatisme des élèves face aux notes à l'école !

Il parait que notre pays a un système de notation particulier qui sanctionne nos pauvres têtes blondes. Ce système est pourtant en vigueur depuis au moins des décennies et je n'ai pas l'impression que des générations d'anciens cancres soient traumatisées à vie par leur douloureux passé.

Il se profile un nouveau système qui ne santionnerait pas mais qui indiquerait un niveau atteint, par exemple : acquis, en cours d'acquisition. Il y aurait certainement moins de nuances qu'une notation de 0 à 20.

Je me demande en quoi un "non acquis" est plus motivant qu'un "5/20" ! Si l'élève ne fait pas plus d'efforts ou si il est mal accompagné dans son apprentissage, il restera au "non acquis" !

Une mauvaise note peut au contraire agir comme un électrochoc. Je me souviens avoir eu un piteux 3/20 en mathématiques en début de terminale. La note m'a atteint dans mon amour propre et je me suis mis à travailler mes équations et intégrales. J'ai eu 15 au Bac !

Pour ceux qui sont abonnés aux mauvaises notes, je ne vois pas très bien ce que ça va changer. Cette mesure revient donc plutôt à changer le thermomètre pour ne pas voir les problèmes en face, comme d'habitude...

8 septembre 2012

Le Coca rhabillé pour l'hiver

Coke JPG

Aujourd'hui se tenait en ville une opération marketeuse comme je les aime (c'est-à-dire un truc qui se veut banché pour nous fourguer ce dont on n'a pas besoin).

Devant un centre commercial, des jeunes au sourire ultra-brite offraient aux passants des mini-canettes de Coca-Cola light®. Mais attention, pas n'importe quelle canette, celles-ci étaient griffées par Jean-Paul Gaultier, notre extravagant couturier styliste national.

La célèbre boisson pauvre en sucre (mais riche en aspartame) se vendrait-elle mal ? J.-P. Gaultier voudrait-il mieux se faire connaitre des buveurs de Coke® ? La firme d'Atlanta veut peut-être redorer son blason après la révélation des conditions scandaleuses de son monopole aux derniers JO de Londres ?

En tout cas cette association me parait incongrue. Qu'y a-t-il de plus banal qu'une canette métallique ? Son destin est d'être ouverte, consommée puis balancée à la poubelle (container de recyclage, merci). Cette canette va-t-elle devenir collector ? Des gens vont les collectionner pour les aligner sur des étagères ?

Personnellement, je ne consommerait pas plus de ce breuvage parce que l'emballage est plus joli. Le contenu reste le même !

En plus, depuis l'affaire des JO, je boycotte la marque et je lui préfère son concurrent direct...

5 septembre 2012

Tarifs de l'énergie, une nouvelle usine à gaz

Gaz

Le gouvernement veut légiférer sur la manière dont on consomme l'énergie domestique. L'objectif est noble mais les moyens me laissent une fois de plus perplexe.

Il est grand temps de responsabiliser les citoyens sur leur consommation d'énergie. Ceci ne devrait pas être difficile maintenant car les récentes augmentations de tarifs de gaz et d'électricité ont sûrement déjà eu un effet auprès des consommateurs.

Un peu comme dans un système soviétique, le gouvernement décidera de ce qui est raisonnable comme consommation pour tel type de famille dans tel type de logement. Si on dépasse ce quota, on devra payer plus cher. Dans une époque où il serait bon de réduire la bureaucratie, je vous laisse juges de la pertinence de ces nouvelles procédures et de la facilité de leur mise en place.

Il y avait sûrement d'autres moyens d'interpeler les gens sur leurs consommations. Les plus anciens se souviennent des campagnes de sensibilisation au gaspillage des années 70. Ce genre de campagne pourrait être renouvelé (en plus moderne évidemment), cela ne manquerait pas d'avoir un impact, j'en suis certain.

De nos jours la technologie permet de rendre de grands services. On pourrait imaginer des compteurs plus intelligents (il en existe déjà pour l'électricité même si leur utilisation est sujette à controverse quant au traitement des données nominatives) qui nous renseigneraient sur notre consommation en temps réel avec indication du prix.

Bref, une fois de plus, pour un objectif louable, le gouvernement ne prend pas la bonne direction et va se mettre à dos une bonne partie de la population qui ne retiendra de l'opération qu'une seule chose : on va encore nous faire payer plus ! La sensibilisation à l'environnement va encore sortir perdante...

4 septembre 2012

Politique : blanc ou noir sans nuance

Assemblée nationale

Je veux parler ici d'un phénomène qui n'est pas nouveau mais qui est particulièrement frappant depuis le changement de majorité, surtout après une longue période de pouvoir à droite. Je ne supporte plus les éléments de langage des politiques lorsqu'ils critiquent l'autre camp.

Quelques exemples ? Prenez la proposition d'introduction de cours de morale à l'école. La gauche criait au scandale quand la droite le proposait. Aujourd'hui c'est la droite qui n'est pas d'accord avec une proposition qu'elle avait pourtant faite il y a un an.

Autre exemple, le maire de Marseille ne trouvait rien à redire sur la politique du ministère de l'Intérieur sous l'ère Sarkozy. Aujourd'hui il semble découvrir des problèmes de délinquance dans sa ville et demande au nouveau ministre de l'Intérieur de classer sa ville comme prioritaire. Bel exemple de mauvaise foi, non ?

On pourrait multiplier les exemples à l'infini, on en voit tous les jours à la télé. Vous me direz que je suis bien naïf que tout ça n'est que de bonne guerre entre majorité et opposition.

Eh bien je pense qu'il serait grand temps de trouver un autre moyen de faire de la politique. Etre dans l'opposition ne signifie pas qu'on doit systématiquement démonter l'action gouvernementale. Etre au pouvoir ne signifie pas qu'on doit mépriser l'opposition.

N'y a-t-il pas urgence à travailler en bonne intelligence ? Peut-on voir la politique autrement qu'en noir ou blanc ? Je suis inquiet pour l'avenir. Non pas parce qu'on traverse une crise grave, mais parce que les politiques sont plus préoccupés par le moyen de garder ou conquérir le pouvoir que pour changer la face du monde.

Oui je sais, je suis un grand naïf...

16 juillet 2012

Travailler le dimanche ? Non merci.

J'ai eu l'occasion d'échanger un peu sur le travail dominical sur twitter. Je donne ici ma position sur le sujet car j'ai plus d'espace !

Chariot
On entend d'ailleurs par travail dominical la possibilité d'ouvrir plus de magasins (voire tous) le dimanche.


C'est un sujet passionné pour lequel on entend toutes sortes d'arguments, en voici quelques uns.


Ouvrir le dimanche permet de booster le commerce. Je suis dubitatif. Je peux admettre qu'on puisse effectuer quelques achats impulsifs lors d'une flânerie dans un centre commercial un dimanche après-midi (encore faut-il ne rien avoir d'autre à faire que de traîner le dimanche dans un centre commercial). Mais de toute façon, le pouvoir d'achat des ménages n'est pas extensible, c'est même plutôt le contraire en ce moment.

Au bout du compte, si on achète d'un côté, on dépense moins de l'autre. Globalement, le commerce n'y gagne pas forcément grand chose, en tout cas pas de quoi faire décoller la croissance de manière phénoménale.


Le travail du dimanche se fait sur la base du volontariat. Ah la bonne blague ! Là aussi je suis (très) dubitatif. Il m'arrive de descendre au supermarché du coin le dimanche. Les jeunes femmes aux caisses n'ont pas l'air d'être à la fête, elles préféreraient sûrement passer du temps avec leurs enfants à la maison mais si leur patron leur demande de venir ce jour-là, je doute qu'elles aient réellement la possibilité de décliner. D'ailleurs les cas ne sont pas rares où des mères célibataires n'ont pas d'autre mode de garde que la télévision pendant qu'elles bossent.

Dans des reportages, j'ai aussi entendu des employés de magasins de meubles donner leur version des faits. Leur salaire de base est tellement bas qu'ils préfèrent venir faire des heures supplémentaires le dimanche pour mettre du beurre dans les épinards. J'imagine sans peine que si leur salaire était convenable, peu d'entre eux continueraient à se lever le dimanche matin. Le volontariat peut sans doute concerner des étudiants ou des jeunes sans attaches, j'aimerais bien avoir une étude sérieuse sur ce fameux consentement dominical.


La société évolue, il faut faire avec. Certes la société évolue mais il n'est pas interdit de baliser certains chemins. Le repos dominical est inscrit de longue date dans la tradition française (et européenne) sur des bases religieuses. Il perdure aujourd'hui et globalement les travailleurs apprécient ce repos hebdomadaire lorsqu'il fait partie de leur rythme de travail.

N'est-il pas agréable d'avoir un jour par semaine où on peut penser à autre chose qu'à faire des courses ? N'est-il pas souhaitable que l'on puisse avoir une vie sociale facilitée par le fait que les membres de notre famille ou nos amis soient plus disponibles le dimanche comme nous ? N'est-il pas agréable de sortir dans la rue et ne pas avoir la circulation des autres jours ? N'a-t-on pas le droit d'avoir un peu de calme une fois par semaine ? La généralisation du travail dominical supprimerait toutes ces petites douceurs du dimanche et je trouve ça dommage.

D'autre part, si le travail se généralisait dans le commerce, on devrait aussi l'étendre à d'autres secteurs comme les transports et le tertaire (pour des fonctions de support par exemple). Au final, qui aurait encore le temps d'aller dans les magasins le dimanche ? On arriverait là à une situation absurde mais rêvée pour les employeurs : ne pas avoir à payer plus leurs employés qui bosseraient globalement sept jours sur sept !

Conclusion. Vous l'avez deviné, je ne suis pas chaud pour étendre à l'infini les possibilités d'ouvertures de magasins le dimanche. Il n'y a pas que le travail dans la vie et c'est quand même plus pratique quand tout le monde (ou presque) se repose en même temps. Qu'en pensez-vous ?

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