Jérôme blogue...sérieusement ?

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6 mai 2012

Candidat par défaut, élu par dépit

Hollande

Si on m'avait dit il y a un an que Hollande serait élu président de la République, j'aurais hurlé de rire. C'était avant le Sofitel de New-York...

Justement, après la chute de leur champion DSK, les socialistes se sont résignés à porter le pâle et peu charismatique Hollande comme candidat. Ils sont se sont mis en rang derrière lui avec plus ou moins d'enthousiasme. Certains lui ont d'ailleurs un peu savonné la planche.

A droite on a sans doute sous-estimé l'anti-sarkozysme de l'opinion. Car c'est ça qui a fait gagner Hollande, le rejet du quinquennat qu'on vient de subir. Autour de moi, à part quelques aficionados socialistes, je n'ai jamais rencontré de fans de Hollande, il ne suscite pas l'enthousiasme.

Je suis intimement persuadé que face à un autre candidat (Fillon, Bayrou par exemple), il aurait perdu. Face au rejet de Sarkozy, même une chèvre estampillée socialiste l'aurait emporté. Son élection n'est donc pas issue d'un vote d'adhésion mais d'un vote par dépit. Le réveil sera dur et l'état de grâce sera court...

23 avril 2012

Plus blanc que blanc !

Vote blancDans un récent billet, Maître Eolas rappelait le droit électoral et donnait son point de vue sur le vote blanc (ou nul). Après avoir déploré que les bulletins blancs ralentissent le dépouillement, il a fustigé, non sans quelque condescendance, les électeurs incapables de faire un choix lors d'une élection. Comme je lis souvent ses billets, je pense que c'était du second degré.

Mais je vais apporter ici mon point de vue sur le vote blanc. Eh oui il m'est plusieurs fois arrivé de voter blanc ces dernières années. Quand aucun candidat ne me convient, pourquoi je devrais absolument choisir ? Certes, comme dirait La Palice, un candidat sera forcément élu. Mais pourquoi devrais-je y être associé ? Le vote blanc me permet ainsi d'accomplir mon devoir civique sans donner mon blanc-seing à celui qui sortira des urnes. Ça peut paraître bizarre à notre avocat-blogueur mais ça me soulage de ne pas m'associer à l'élection d'un candidat qui ne me semble pas convenable.

Venons-en maintenant à la présidentielle. Restent en lice le président sortant et le candidat par défaut du PS. Ceux qui me connaissent savent que ma voix n'ira jamais à Sarkozy, je crois que tout a été dit à son sujet.

Qu'en est-il du cas Hollande ? Le moins qu'on puisse dire, c'est qu'il n'enthousiasme pas les foules. J'ai même croisé des socialistes qui m'ont avoué qu'ils ne le soutenaient que du bout des lèvres (non, je ne donnerai pas de nom !). De son passage à la tête du PS (10 ans quand même), on ne retient...rien. Si il est élu, je frémis à l'idée d'un Etat PS tout-puissant (présidence, assemblée nationale, sénat, majorité des régions et départements), d'autant qu'il n'envisage qu'une part (congrue ?) de proportionelle pour les députés. Quant à l'idée de voir ressurgir les éléphants du PS qui piaffent d'impatience et se répartissent déjà les postes, elle me décourage sur le renouvellement de la politique. En fait avec Hollande, ce serait le changement...de siècle, retour vers le XXème !

Et si je devais absolument choisir ? Sans doute Hollande m'apparait (un peu) moins pire que son adversaire. Pour le moment, les sondages lui sont très favorables. Pour le premier tour, les sondages ont été globalement fiables. Rien n'est gagné d'avance mais il est clairement favori.

Mon vote sera donc déterminé au dernier moment. Si les sondages restent sur la même ligne, je ne m'associerai pas à son élection car je n'arrive pas à lui faire confiance. Si le scrutin s'annonce plus serré, je ferai un effort surhumain pour mettre un bulletin Hollande dans l'urne, avec l'impression de me faire avoir.

Bref, le 6 mai, je voterai peu avant 20h heures...

7 avril 2012

Médias 1 - Démocratie 0

Sarkozy HollandeTout ça pour ça ?

Et voilà, on arrive finalement au match promis (voulu ?) par les médias. Depuis des mois, on nous assène des sondages selon lesquels le match final opposerait les deux candidats "favoris". On se demande d'ailleurs pourquoi il y a un premier tour.

Il y a quelque chose qui m'intrigue. Alors que la majorité des Français ne voulaient pas de ce face-à-face, il a pourtant lieu ! Comme si les Français étaient fatalistes, défaitistes. Je l'ai constaté autour de moi ces derniers mois, on m'a souvent dit "oui je voterais bien pour Machin ou Bidule mais il ne sera pas au 2ème tour selon les sondages alors à quoi bon ?". Eh oui, à quoi bon ?

Les médias, assortis des sondages ont donc façonné le vote des électeurs. Avant la période d'égalité de parole, les faits et gestes des deux "favoris" (chouchous ?) ont été scandaleusement (outrageusement même) mis en avant, jusqu'à l'overdose. Les 8 autres candidats étaient là pour amuser la galerie. D'ailleurs dans ce rôle Mélenchon a tenu la vedette.

Dans cette élection, encore plus que par le passé, ce sont les médias qui ont porté leurs favoris, la démocratie y a perdu un peu de sa signification...

27 mars 2012

L'illusion Mélenchon

Affiche Mélenchon

Quand j'étais petit, ma mère me disait que "c'est celui qui a la plus grande gueule qu'on écoute, c'est injuste mais c'est comme ça".

C'est sans doute ce qui explique en partie le phénomène du vociférant Mélenchon. Comme son homologue d'extrême-droite, il bénéficie du contexte de la crise pour emmener dans son sillage tout un tas d'électeurs déçus/déboussolés/subjugués. Sauf que l'ennemi pour lui n'est pas l'étranger mais la finance.

Il se propose donc de mettre au pas la finance. Les banques et les agences de notations doivent trembler en effet.

Mais son discours anti-système plait. Il réussit à rassembler un attelage improbable d'anciens communistes (oui ça existe), d'alter-mondialistes, d'admirateurs du dictateur cubain et de bobos en mal de sensations.

Pourtant ces gens devraient se méfier. Mélenchon promet de redonner le pouvoir au peuple après être arrivé au pouvoir. C'est le genre de discours que tiennent tous les dictateurs et autres putchistes du monde qui, une fois au pouvoir, le gardent...

Une fois l'élection passée, ce mouvement obtiendra peut-être quelques députés sur les cendres de leurs prédécesseurs communistes puis le monde politique reprendra son ronronnement tranquille. Ses électeurs auront eu l'illusion d'une révolution, c'est déjà pas mal...

P.S. : le graphisme de l'affiche que j'ai photographiée rappelle les heures les plus sombres de l'Union soviétique, vous ne trouvez pas ?

20 mars 2012

Les pauvres vont encore payer

Logo pharmacieCes dernières années, dans sa course folle pour tenter de combler le fameux trou de la Sécu, le gouvernement a instauré différentes franchises médicales.

Concrètement, cela signifie que se soigner coûte de plus en plus cher et que le patient doit mettre la main à la poche pour compenser ces franchises.

La plupart du temps c'est automatique, on est moins remboursé lors de la visite chez le médecin ou au passage à la pharmacie. Mais dans 20% des cas, notamment pour les affections de longue durée (pour un cancer par exemple), l'Assurance maladie doit procéder à un recouvrement, parfois sur plusieurs années ! En clair, ces malades ont été trop remboursés pour leurs soins et devront rendre l'argent ! Pas de pitié !

Tout est prêt à l'Assurance maladie, le logiciel spécialement mis en place pour gérer les recouvrements est installé. Il ne reste que le feu vert du gouvernement pour lancer cette procédure ô combien impopulaire.

Mais le ministre de la santé freinerait l'opération, histoire de refiler le bébé à son successeur !

C'est ce qu'il y a de bien avec les périodes électorales, on rêve avec les belles promesses et les candidats sont à nos petits soins. Dans quelques mois le réveil va être très dur pour les salauds de pauvres malades qui devront payer la facture...

Source : Canard enchainé 14/03/2012

8 février 2012

Avec Carrefour, les PDG positivent !

ChariotsIl y a quelques années, l'ancien PDG de Carrefour avait défrayé la chronique, comme on dit. Il prenait sa retraite en touchant une grosse prime et une grosse pension, de quoi lui assurer des vieux jours heureux. Pourtant le groupe Carrefour à l'époque n'affichait pas des résultats extraordinaires. Les caissières payées au lance-pierre n'avaient guère goûté à la plaisanterie.

Aujourd'hui, l'histoire se répète. L'actuel (plus pour très longtemps) PDG de Carrefour qui avait pris les rênes du groupe à l'époque s'en va à son tour, la queue entre les jambes, n'ayant pas réussi à redresser le groupe. En 3 ans, l'action du groupe a perdu près de 35%, soit 7 milliards d'euros de valeur boursière partis en fumée, pas mal !

Pour le récompenser de ses bons et loyaux services, le groupe lui accorde néanmoins une retraite chapeau de 500 000 euros, sans compter les stock-options, naturellement.

C'est tout de même toujours étonnant ce système de deux poids deux mesures. On n'arrête pas de pressurer les employés de base avec des objectifs délirants et des salaires de misère. Par contre un PDG est assuré de s'en sortir gagnant quels que soient ses résultats ! C'est tout bénéfice !

La moralisation du capitalisme, c'est pour bientôt ?

Source : Canard enchainé 08/02/2012

30 janvier 2012

Cachez ce symbole religieux...

Symboles religieux

Parfois je me demande si les sénateurs et députés n'ont pas un peu fumé des substances illicites. Ces derniers temps, au nom de la laïcité on voit tout et n'importe quoi.

Il y a quelques mois, une employée d'une crèche avait eu des ennuis car elle souhaitait porter le voile au travail. Personnellement je n'approuvais pas ce genre de comportement et je trouvais dommage qu'il y ait eu des crispations des deux côtés.

Suite à cette affaire, le gouvernement a voulu légiférer sur tout ce qui a un rapport avec la garde d'enfants visiblement. C'est ainsi que les signes religieux seront désormais interdits même pour les assistants maternels exerçant à domicile ! Autrement dit on passe d'une extrême à l'autre !

Selon le texte," une personne portant des tenues à caractère religieux ou ayant chez elle des signes religieux (tableaux, photos, sculptures...) ne serait pas autorisée à exercer la profession d'assistant maternel".

Il est compréhensible que les principes de laïcité soient applicables à une structure (même privée) accueillant du public, mais là on entre dans le domaine du privé. Lorsque des parents confient leur enfant à un assistant maternel à domicile, c'est en connaissance de cause car ils voient les lieux où l'enfant évoluera. Si il y a des signes religieux qu'ils jugent ostentatoires, ils peuvent s'adresser à une autre personne.

On est donc arrivé à une situation inacceptable où le législateur pénètre la sphère privée. D'ailleurs comment contrôler les assistants maternels ? Lorsqu'ils recevront la visite de contrôle ils cacheront les éventuels signes religieux le temps de l'entretien pour les remettre ensuite ?

Je suis à peu près sûr que la nounou qui m'a gardé quand j'étais petit avait une croix accrochée au mur. J'imagine sa stupéfaction si on lui avait demandé à l'époque de l'enlever...

Ce monde est devenu fou.

Merci à Erwan pour avoir pointé ce texte.

28 janvier 2012

Autoroutes, 4 voies vers le profit

AutorouteJe n'ai jamais digéré la vente des autoroutes par le gouvernement Villepin en 2006. Un certain député Bayrou s'était violemment opposé à ce projet à l'époque d'ailleurs. J'ai lu plusieurs articles montrant que le montant de cette vente avait été plutôt en faveur des acquéreurs. Bref, on a bradé des bijoux de famille et l'Etat leur fait aussi des cadeaux.

C'est pourquoi je bondis à chaque annonce de hausse des tarifs autoroutiers. C'est encore le cas ce mois-ci avec une hausse moyenne de 2,33%, soit plus que l'inflation officielle.

Comme d'habitude, les sociétés d'autoroutes veulent nous faire pleurer en quémandant ces hausses auprès du gouvernment qui ne régule plus gand chose. Elles investissent tellement qu'elles ont un besoin vital de ces augmentations.

Je suis donc allé faire un tour sur le site de Vinci pour voir leurs résultats financiers, ils sont accessibles librement. Vinci est la première société d'autoroute européenne, on n'est pas très loin du monopole...

Voici donc quelques chiffres qui me paraissent éloquents, je ne suis pas expert en comptabilité :

Au 1er semestre 2011, Vinci a dégagé un résultat net de 813,5 millions d'euros (en hausse de 15% par rapport à l'année précédente). La capacité d'auto-financement est à la même période de 2,33 milliards d'euros (en hausse de 10,5%). Quant au chiffre d'affaire, il est passé à 17,3 milliards d'euros (en hausse de 17%). L'entreprise n'est visiblement pas dans le besoin.

Dans le même temps, les sociétés d'autoroutes ont augmenté le nombre de passages automatiques et réduit le personnel pour faire des économies. Le taux d'automatisation aux péages est passé de 21% en 2006 à 39% en 2010. En 2008, le groupe Vinci Autoroutes comptait 8585 employés. En 2010 il n'en avait plus que 8051, soit une baisse de 6%. Tout ça doit permettre au groupe de faire de belles économies.

Eh bien cela ne suffit visiblement pas puisque les autoroutes n'ont jamais été aussi chères et les tarifs n'arrêtent pas d'augmenter.

Si le réseau autoroutier était resté dans le giron public, les bénéfices auraient contribué à l'intérêt général. Au lieu de cela, chaque kilomètre parcouru sur ces fichues bandes d'asphalte gavent un peu plus les actionnaires toujours plus gourmands. Capitalisme sauvage, quand tu nous tiens...

25 janvier 2012

SNCF, pourquoi faire simple ?

Regardez bien cette photo, je ne pense pas qu'elle soit truquée. Je l'ai reçue dans l'un des tweets de Ioudgine.

Panneau SNCFEdifiant non ?

Cette annonce est symptomatique des grandes entreprises, là où on prend des décisions ridicules en haut lieu et où on s'efforce d'accompagner le changement.

Voici donc une situation "avant" : on a 5 quais libellés A, B, C, D et E. Simple, clair, efficace, accessible même aux enfants de six ans. Impossible de se perdre.

Et "après", la situation se complique. A devient 1, ça peut paraître logique, jusqu'ici tout va bien. Le quai B désigne les voies 1B et 2. Là je commence à être perplexe mais après tout 2 vient après 1. Le quai C devient 1E, ça y est je suis perdu, aucune logique. Puis D mute en CE (!) et, cerise sur le gâteau, E devient 2E ! C'est pire que tous les tests psycho-techniques que j'ai passés, je ne vois pas le raisonnement humainement logique qui a conduit à ce changement de noms. C'est une machine froide qui a désigné ainsi au hasard les nouvelles dénominations ?

Je me demande ce qui est passé par la tête des crânes d'oeufs pontes de la SNCF qui ont décidé que A, B, C, D et E étaient has been. Ils trouvaient que c'était trop simple, les voyageurs devaient désormais réfléchir avant de monter dans leur train. Ils ont donc "harmonisé" comme ils disent. D'ailleurs, l'harmonisation saute aux yeux, des voies nommées "1" ou "2E" c'est harmonieux, non ? Admirons au passage comment le service communication s'est creusé la tête...

Ce changement de signalétique n'a pas été fait sans raison. Il ne s'agissait pas d'occuper quelque chargé de mission du siège de la compagnie nationale en mal de sensations. Non, ce changement n'a autre but que notre "confort" comme le dit le panneau ! C'est trop gentil, vraiment, fallait pas.

Le petit bonhomme de l'affiche, lui, ne tient pas à attraper une migraine, il fuit la voie au nom énigmatique...

11 janvier 2012

Si à 50 ans t'as pas dîné au Fouquet's...

Fouquet's

Chaque fois que je vois (ou j'entends) Christian Estrosi, je me demande comment ce type a pu être ministre, comment il a pu être élu maire d'une grande ville comme Nice. Les petits vieux de la Côte d'Azur doivent lui trouver un côté rassurant.

En cette période électorale il n'est pas le dernier à dégainer pour défendre son président chéri. Du coup il dit des bêtises.

Agacé par les éternelles critiques de la mémorable soirée de mai 2007 pendant laquelle Sarkozy et ses amis ont fêté la victoire au Fouquet's, il a tenté de relativiser le bling-bling d'alors en affirmant que ce très chic restaurant n'était en fait qu'une "brasserie populaire des Champs-Elysées" ! On sent l'homme près du peuple.

Dans la journée il a dû s'apercevoir de la bourde et a tenté une leçon de Français : par populaire, il voulait dire connue !

Je conseille à cet ancien champion de moto d'ouvrir un dictionnaire. Populaire n'est pas vraiment synonyme de connu. Il implique une adhésion du peuple, du plus grand nombre. Un lieu populaire est donc par définition tout le contraire d'élitiste, ce qui n'est pas vraiment le cas du célèbre Fouquet's.

Je suis toujours surpris par le décalage énorme entre la vision des "élites" et le vécu quotidien des gens du peuple que nous sommes. Je ne suis pas sûr d'avoir un jour les moyens d'emmener ma famille dîner au Fouquet's mais je suis certain d'être plus éclairé que M. Estrosi...

9 janvier 2012

La délicatesse

La délicatesse

La bande-annonce mettait l'accent sur l'incongruité de la relation entre les personnages principaux, Nathalie et Markus. Pourtant c'est un film plus fin et sensible qu'il n'y parait.

Nathalie, jeune veuve éplorée, s'investit à fond dans son travail. Un jour, sans vraiment s'en rendre compte (!), elle embrasse fougueusement l'un de ses collègues avant de retourner à son travail comme si de rien n'était. L'homme timide et benêt (en tout cas aux yeux des autres) en est complètement tourneboulé. Persuadé d'avoir provoqué un coup de foudre chez la jeune femme, il va nourrir des sentiments sincères vis-à-vis d'elle. Même quand il réalise que Nathalie avait été un peu vite en besogne, il va tenter de l'apprivoiser grâce à son humour. Cette relation étrange et improbable va provoquer le trouble et même la jalousie dans l'entreprise. En effet le patron est lui-même sur les rangs pour tenter de séduire la jeune femme et n'apprécie guère de se faire doubler par un rustre.

Les deux acteurs principaux sont très bons, Audrey Tautou incarne parfaitement la jeune froide refroidie par le destin et François Damiens est excellent de naïveté et de simplicité. Ainsi Markus le timide va petit-à-petit gagner la confiance (et plus ?) de sa jeune collègue, tout en délicatesse...

3 janvier 2012

Le pauvre hère jeune

Métro

Il faisait frais ce matin-là. J'avançai sur le quai du métro quasi désert, les mains dans les poches et le col remonté. A ma gauche, entre deux sièges, j'aperçus un duvet provisoirement abandonné par son propriétaire. Je pensai qu'un pauvre homme avait passé quelques heures à dormir ici. Je pus distinguer une silhouette près du distributeur de friandises à l'autre bout du quai. L'homme s'est tourné vers moi et m'a apostrophé "eh m'sieur !". Je lui ai lancé un regard vide, malheureusement blasé par les incessantes sollicitations des mendiants.

L'homme s'est approché de moi d'une démarche mal assurée, il était très maigre. "S'il vous plait, vous auriez pas 20 centimes pour me dépanner ?". Disant cela, il me montra le creux de sa main avec quelques pièces jaunes. Il lui en manquait une pour acheter de quoi manger. Son regard était saisissant, un mélange de colère rentrée et de lassitude. Ce qui m'a frappé le plus était sa jeunesse, la vingtaine tout au plus.

J'avais justement une pièce au fond de ma poche, j'ai sorti une main et lui ai tendu la monnaie. Je n'ai pas trouvé autre chose à lui dire que "tenez, v'là 50 centimes". Il m'a remercié d'une voix neutre et est reparti vers la machine. Je me suis tourné vers le quai en face, perdu dans mes pensées.

La rame de métro que j'attendais est arrivée en station. Le jeune homme est repassé devant moi pour retrouver son duvet. Il avait dans la main son petit-déjeuner qu'il avait commencer à mâcher. En croisant mon regard il m'a remercié à nouveau mais son regard exprimait plus d'amertume que de gratitude. Juste avant d'entrer dans la rame je lui ai fait un signe de tête en esquissant un léger sourire, difficile de ne pas vouloir paraitre bienveillant ou trop compassionnel.

Moi aussi j'éprouve de la lassitude. Marre de voir qu'il y a de plus en plus de personnes précaires dans nos rues, marre de voir cette jeunesse gâchée.

23 novembre 2011

Sortie du nucléaire, une évidence

Centrale nucléaire - flickr - huntzLes bisbilles pathétiques entre socialistes et écolos ont au moins eu l'avantage de (re)donner un éclairage sur la filière nucléaire française.


Même si le débat sur le sujet est tabou en France, je vous livre ici mon opinion à ce sujet.

C'est une énergie polluante. Si elle ne dégage pas de gaz à effets de serre, l'exploitation nucléaire génère les fameux déchets radio-actifs dont on ne sait que faire, à part les enterrer profondément sous terre. On joue à l'autruche avec ces déchets et on les lègue à nos descendants, sympa pour eux.


C'est une énergie coûteuse. Je n'ai pas les chiffres sous la main mais on peut les trouver. Le coût de construction, maintenance et démantèlement d'une centrale est faramineux, même étalé sur plusieurs décennies. Les partisans du nucléaire ont tendance à ignorer le prix du démantèlement des centrales en fin de vie, peut-être parce qu'on n'a pas encore fini un tel chantier en France.

Le nucléaire ne permet pas l'indépendance énergétique pour l'électricité comme on nous rabache les oreilles. C'est même un argument mensonger. En effet d'une part, l'uranium dont on a besoin provient en grande partie de pays d'Afrique dont la stabilité est aléatoire. De plus, quand on produit 75% de l'électricité à partir d'une seule source, on ne peut pas vraiment parler d'indépendance !


Le nucléaire est dangereux. On le savait déjà avant le désastreux épisode japonais et personne ne peut garantir qu'une pareille catastrophe ne put pas arriver ici. Un accident nucléaire est de toute façon par définition international car les retombées radio-actives ne connaissent pas de frontières. Sauf peut-être celles de Tchernobyl. Cette énergie est également dangeureuse pour ceux qui travaillent dans le domaine. Ils ont d'ailleurs un suivi médical approprié, c'est dire.

Avec tout ça, je ne sais pas pour vous, mais moi j'ai hâte qu'on passe à autre chose, que l'on consomme et produit l'électricité autrement. Il serait temps !

14 novembre 2011

Intouchables, le film qui ne part pas avec un handicap

Intouchables

Philippe a un handicap lourd, il ne peut plus bouger que la tête. C'est donc désabusé qu'il mène les entretiens d'embauche de son prochain auxiliaire de vie dans son grand appartement des beaux quartiers. Driss, grand dadais de banlieue, vient à l'entretien, lui aussi désabusé, il est persuadé qu'on le renverra dans les cordes, c'est-à-dire à l'agence pour l'emploi.

Pourtant Philippe lui donne sa chance, sans doute séduit par sa verve et sa fraicheur.

C'est l'un des atouts de ce film. Il a certainement été taillé sur mesure pour la répartie et la bonne humeur communicatrice d'Omar Sy. Le film a énormément de succès et il faut s'attendre à ce que quelques répliques cultes restent dans nos mémoires.

Le film repose aussi évidemment sur l'opposition culturelle entre le riche aristocrate et le gamin de banlieue. Lorsque Philippe, fin mélomane, fait découvrir à son employé un morceau des 4 saisons de Vivaldi, le jeune reconnait instantanément la musique d'attente au téléphone de l'agence pour l'emploi, choc culturel et fou rire garantis.

Le film montre aussi de temps en temps la réalité de la banlieue, sans compassion ni caricature.

On passe un excellent moment de détente et d'émotion devant cette histoire (inspirée d'une situation réelle). Je comprends qu'il fasse l'unanimité (à part quelques aigris peut-être) dans la critique. Il nous distille une bonne dose de bonne humeur et d'espoir. En ces temps sombres de crise, ça fait vraiment du bien, ne vous en privez pas...

11 octobre 2011

Satisfecit pour le marketing

FormulairesL'autre jour je suis allé flaner dans un magasin culturel dont l'enseigne se targue d'être un agitateur de curiosité. Comme souvent, après avoir fait un tour aux rayons de DVD ou de livres, j'en suis sorti sans rien acheter, mon pouvoir d'achat m'oblige à être raisonnable.


Alors que j'allais passer les portiques antivols, un jeune homme m'a stoppé net pour me proposer une enquète de satisfaction. Voyant ma mine peu enjouée, il m'a juré que cela "ne durerait que 3 minutes". J'ai eu pitié et j'ai accepté.
Il a commencé alors une longue série de questions où il fallait évaluer de "très satisfait" à "pas du tout satisfait", en passant par "plutôt satisfait". Appréciez la nuance.


J'avoue que je n'étais pas toujours sûr de mon niveau de satisfaction pour mon passage dans les rayons, étais-je "très" ou "plutôt" satisfait ? Et puis d'abord, en quoi le parcours au milieu des livres ou des DVD me satisfaisait-il ?
Le jeune homme cochait à la vitesse de l'éclair les cases sur son formulaire de 4 pages. J'étais étourdi, je finissais pas répondre au hasard, j'alternais les "très" et les "plutôt" en essayant de garder une certaine parité. Au fond mes réponses n'avaient aucun sens et je me demande si le type en était conscient. Après tout ce n'était pas son problème, il devait produire du formulaire, c'est tout.


Je suis certain que la plupart des sondés, pris comme moi sur le vif en sortant du magasin, répondent au hasard pour échapper au plus vite à ce tourbillon infernal de questions.


J'imagine comment les têtes pensantes des services marketing de l'enseigne vont exploiter toutes ces données fausses. Est-ce que ces gens sont conscients que leurs enquêtes sont faussées ? Se réjouiront-ils de tous ces "très satisfait" obtenus ? Vont-ils suggérer des modifications dans les rayons suite aux réponses ? Les employés vont-ils en pâtir ? Ces pros du marketing devraient eux-mêmes affronter les clients avec les formulaires qu'ils ont inventés, ils s'apercevraient peut-être du caractère pénible et peu fiable de leurs oeuvres.


La prochaine fois, je déclinerai l'invitation à cocher des cases...

6 octobre 2011

Dieu de l'informatique ?

MacInstoshJ'ai appris comme tout le monde la disparition du charismatique Steve Jobs.

Comme souvent dans la secte Apple, les réactions peuvent être démesurées. Ainsi ai-je lu "Dieu est mort".

Faut pas pousser quand même. S. Jobs a eu certes une influence dans l'industrie informatique mais il est loin d'être le seul.

Beaucoup d'autres personnalités moins connues ont fait avancer les choses dans l'ombre.

Je pense par exemple à Tim Berners-Lee qui est l'inventeur, excusez du peu, du World wide web, concept que les plus jeunes d'entre vous ne connaissent sans doute pas. C'est ni plus ni moins l'invention qui vous permet de lire ce blog aujourd'hui.

On pourrait citer également Linus Torvalds, le génial inventeur du noyau linux. Ce système est tout de même utilisé sur la majorité des serveurs web du monde !

La dernière fois que j'ai utilisé un produit Apple (pour mon usage personnel), il devait ressembler à l'ordinateur de la photo. C'est dire si j'ai évolué dans l'informatique bien loin du monde de M. Jobs. Rappelons que les tablettes tactiles existaient avant l'iPad.

Par certains côtés, Steve Jobs était visionnaire mais il a avant tout su créer cet univers particulier et des besoins nouveaux pour ses afficionados. Je me demande ce que vont devenir tous ces iphones et ipads usés, j'espère qu'ils ne vont pas finir dans la nature.

Malgré tout, il est parti trop tôt, comme tant d'autres, victime de ce fichu cancer. Paix à son âme.

4 septembre 2011

Enseignants au pilori

ProfQuand j'ai lu cette info dans mon magazine, j'ai failli tomber de ma chaise mon fauteuil.

On sait déjà que les enseignants ont souvent fort à faire avec certains parents d'élèves qui sur-protègent leurs rejetons. Je me souviens du cas consternant du gendarme (!) ayant porté plainte contre l'instituteur qui avait osé gifler son fils chéri.

On va de plus en plus loin dans cette dérive judiciaire et le dialogue semble se rompre entre le corps enseignant et les parents d'élèves.

Les téléphones mobiles sont un cauchemar pour les profs. Il me semble que les règlements intérieurs des établissements le proscrivent. Mais les professeurs qui confisquent les téléphones pris en flagrant délit de sonnerie risquent désormais gros. En effet, des avocats, flairant sans doute le bon filon de procès parents/enseignants, ont édité un bouquin pour aider les pauvres parents juridiquement face aux terribles et monstrueux enseignants !

Ainsi, un prof qui confisque un téléphone porte atteinte à la propriété privée du petit con gentil élève ! Le livre fournit ainsi des conseils juridiques et des lettres-types afin de faire trembler l'institution qui ose traumatiser les pauvres petits.

On est en plein dans la société de l'enfant-roi. Rien ne doit contrarier le quotidien de ces chérubins. A ce compte-là, je me demande pourquoi on se force encore à les envoyer à l'école, ce lieu de torture !

Je n'ai pas l'impression d'être vieux-jeu, ni vieux tout court. Mais il me semble que c'est un minimum pour les élèves et leur parents de respecter des règles de vie en société. Ainsi les enfants ne connaissent que le rapport de force dès le plus jeune âge et les enseignants sont complètement déconsidérés. Ce n'est pas cette société qui me fait rếver...

Source : Marianne n°750

26 août 2011

La publicité de l'angoisse

GazOn sait que la publicité sait susciter des besoins nouveaux (souvent insoupçonnés) chez les consommateurs. Mais elle peut aussi jouer la carte de l'angoisse.

Sur la route de mes vacances, j'ai été matraqué par une publicité à la radio dont je vous livre ici une retranscription à peu près fidèle (de mémoire) :

- Cliente angoissée : "Allo le conseiller G** de France ? Je déménage et je m'aperçois que je n'ai pas fait les démarches pour mon gaz et l'électricité !"

- Conseiller rassurant : "Ne vous inquiétez pas, vous pouvez effectuer votre changement d'adresse sur internet. En plus, nous pouvons nous occuper du gaz et de l'électricité, vous n'aurez qu'une seule facture !"

- Cliente toujours angoissée : "Mais mon ordinateur est dans les cartons, comment je vais faire moi ?"

- Conseiller rassurant : "Vous pouvez le faire aussi depuis votre smartphone depuis notre application !"

- Cliente enfin rassurée : "Mais comment faites-vous pour penser à tout vous ? Merci !"

Consternant, non ?

Bon quelques remarques personnelles :

- Quand on déménage, on n'attend pas le dernier moment pour s'occuper de ce genre de chose, elle aurait pu appeler plus tôt (avant d'emballer l'ordinateur par exemple !)

- Comme il l'avait au téléphone, le conseiller aurait pu prendre en compte son déménagement au lieu de l'envoyer sur les roses un site web impersonnel.

- Faute d'ordinateur, je me vois mal remplir un formulaire de déménagement sur l'écran minuscule d'un smartphone !

- Personnellement, je ne confierais pas l'électricité et le gaz au même opérateur. L'histoire de la facture unique, c'est un argument qui me laisse froid.

Pour les quelques déménagements que j'ai effectués dans ma vie, je n'ai jamais eu de problème lors du transfert de mon compte de gaz ou d'électricité. J'ai toujours appelé un conseiller quelques jours auparavant et tout s'est bien déroulé. Cela ne m'a jamais angoissé, loin de là.

Cette publicité essaye donc de créer de l'angoisse là où il ne devrait pas y en avoir. Ce n'est pas nouveau mais je l'ai entendue tellement souvent ces temps-ci que je voulais vous en faire part...

10 août 2011

On masse gratis !

TrépiedCet après-midi, je déambulais tranquillement dans les rues parisiennes lorsque que j'ai été attiré par quelque chose sur une petite place. Plusieurs personnes étaient assises sur des tabourets et se faisaient masser. J'ai alors aperçu un petit panneau annonçant "massage 10mn gratuit".

J'étais tenté et alors que je commençais à peine à me gratter le menton d'hésitation, une accorte jeune fille en robe à fleurs s'est approchée de moi en souriant et m'a proposé un massage.

Cette fois plus d'hésitation, je commençai à la suivre et me réjouissai à l'idée de passer une dizaine de minutes dans ses mains expertes. Après tout, mon corps est un peu fatigué ces temps-ci, si, si !

Mais mon sourire s'est figé, elle m'a finalement confié à un des ses collègues masculins, tout sourire et portant des lunettes de soleil teintées comme des miroirs. Il m'a indiqué le tabouret où m'asseoir, je me suis exécuté.

Il n'a pas été très bavard, il m'a demandé de me détendre. J'étais donc si tendu ? Il n'a pas oublié de préciser que le massage était gratuit, "mais en fait on donne ce qu'on veut...". D'accord, j'ai compris.

A côté de moi, s'est installé un touriste allemand qui a été pris en main par la jeune fille à la robe à fleur, allez comprendre.

Le massage a été malgré tout plutôt agréable. Au bout de 15 minutes environ, mon masseur à miroirs m'a informé que c'était terminé, il a vaguement expliqué que c'était une association qui organisait ces séances en me tenant une petite carte. J'ai versé une obole et je m'apprétais à prendre la petite carte mais il a esquivé mon geste et l'a rangée. Etrange, je n'ai même pas eu le temps de noter les coordonnées.

Pas grave, j'aurais peut-être l'occasion d'y repasser, il y aura sans doute encore des robes à fleurs...

3 août 2011

L'ordinateur contrôle le bar

BarL'autre soir je décidai de prendre un verre avec une amie. On a jeté notre dévolu sur un bar sympa qui proposait des happy-hour de 18h à 21h. Ça tombait bien, il n'était même pas 18 heures quand on s'est assis, on a donc commandé nos cocktails, persuadés d'avoir le tarif allégé.

Le temps est passé, les verres se sont enchaînés (mais pas trop je vous rassure) et est venue l'heure de régler la note. Lorsque l'employée m'a tendu le ticket, j'ai tiqué et mon amie a fait la tête. En effet, les cocktails commandés juste avant les six coups de 18 heures nous étaient facturés plein pot ! Pas sympa quand même.

J'ai donc demandé à l'employée de revoir sa note à la baisse. Elle m'a déclaré qu'elle ne pouvait pas parce que, "vous comprenez, c'est l'ordinateur qui calcule, je peux rien faire !". C'était la phrase à ne pas me dire car je me doute bien que même si le bar est informatisé, il y a toujours moyen de personnaliser l'utilisation du programme.

Elle a voulu me faire croire que le bar était sous le contrôle de l'informatique toute puissante. Je me suis surpris à regretter les bonnes vieilles caisses enregistreuses avec leur sonnette, au moins là tout était possible.

J'ai gentiment insisté auprès de l'employée, elle est repartie auprès de l'ordinateur infernal et est revenue, Ô miracle, avec une facture deux fois moins élevée. Elle a bien dit que c'était "la dernière fois !". C'était effectivement la dernière fois que je mettais les pieds dans ce bar. En attendant, j'avais vaincu l'ordinateur et mon amie avait retrouvé le sourire...

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