Démocratie en danger

Imaginez que votre facteur reçoive l’ordre d’examiner les lettres et paquets que vous recevez ou envoyez. Imaginez qu’il note les expéditeurs et destinataires de chacune de votre correspondance pour détecter celle pouvant relever d’activités suspectes.

mailmanVous trouveriez ça inacceptable, scandaleux, n’est-ce pas ?

Eh bien c’est exactement ce qui se trame à l’Assemblée Nationale pour votre accès internet. L’une des dispositions de la loi en préparation prévoit que les fournisseurs d’accès (Orange, Free, SFR, etc) devront installer des dispositifs techniques pour capter tout le traffic internet de leurs abonnés.

Vos emails, vos recherche sur le web, les sites que vous consultez, les vidéos que vous regardez, tout passera par ce filtre. Ce dispositif sera doté d’un « algorithme » chargé de déterminer si votre activité en ligne est suspecte aux yeux des autorités, sans qu’on juge ne soit appelé pour trancher.

Oui, vous l’avez compris, on va rentrer dans une dictature. Une dictature numérique.

big-brother-is-watching-you_136593Si vous voulez en savoir plus, lisez ceci :

Blog de Tristan Nitot

Dossier de NextInpact

La quadrature

 

Citizenfour, liberté (très) surveillée

« Nous sommes passés d’une relation électeurs-élus à une relation dominés-gouvernants. » – Edward Snowden

citizenfourInternet c’était bien au début : les universitaires échangeaient entre eux, les gens s’envoyaient des mails, insouciants.

Et puis les gouvernements ont compris qu’ils pouvaient utiliser ces réseaux pour (encore plus) surveiller leurs populations. Et ils ne se sont pas privés.

En 2013, le jeune informaticien Snowden travaillait pour l’une des plus puissantes agences de surveillance gouvernementale, la désormais célèbre NSA américaine. Il s’est aperçu que l’agence avait atteint un niveau élevé de surveillance et une puissance phénoménale. Sa conscience ne lui permettait plus de participer à cet espionnage massif de la population qui échappe à tout contrôle. Il s’est donc enfui de son pays et a débarqué à Hong Kong.

Le documentaire raconte comment il a contacté la journaliste Laura Poitras, avec d’infinies précautions pour échapper à la surveillance. Elle le rejoint avec Glenn Greenwald du Guardian dans la chambre d’hôtel où il vit reclus. On voit comment les journalistes apprennent à connaitre ce jeune informaticien idéaliste qui s’apprête à lâcher des bombes politico-médiatiques.

snowden-greenwaldOn voit aussi les périodes de doute et de tension. Snowden sait que plus rien ne sera plus jamais comme avant. Pour lui d’abord car il sera perpétuellement poursuivi par les autorités américaines. Pour le monde ensuite, car il apporte les preuves de ce que l’on soupçonnait déjà : on est tous fichés et suivis à la trace. Courageux, il renonce à sa liberté pour nous faire prendre conscience de l’absence de contrôle sur ceux qui prennent le contrôle de nos données.

Vous pensez que ce n’est pas grave d’être ainsi surveillé en ligne ? Pourtant, petit-à-petit, nous prenons conscience de ce contrôle sournois, ceci a forcément une influence sur ce que nous tapons sur les moteurs de recherche. Inconsciemment nous tendons à nous auto-censurer en ligne.

Cet argument, Snowden l’explique très bien dans ce documentaire au suspens haletant. A voir pour prendre conscience.

Les grognards de la circulation alternée

Périphérique parisienPour les journalistes envoyés sur le terrain (appelés aussi reporters), l’occasion était trop bonne. Ce matin, jour de circualtion alternée, les radios ont donc envoyé leurs reporters sur les routes pour dénicher les râleurs, un peu comme les gens pris en otages les jours de grève.

Une brave dame s’est pas exemple exprimée au micro de notre brave reporter : elle avait passé le week-end en Normandie et se retrouvaot piégée au petit matin à Paris avec sa plaque d’immatriculation paire. Le journaliste était compatissant, il ne lui a même pas demandé pourquoi elle n’avait pas pensé à rentrer un peu plus tôt, le dimanche soir, pour éviter les contrôles policiers. Cela n’aurait pas grandement altéré son week-end bucolique.

ReporterAutre exemple, ce chef d’entreprise de Melun en pétard. Le pauvre avait prévu de longue date de se rendre dans la capitale (en voiture à plaque paire, pas de chance) pour plusieurs rendez-vous dans la journée. Là encore, notre reporter l’a laissé déballer son désarroi et sa colère sans lui demander si l’idée l’avait effleuré de prendre le train, tout simplement. En effet, de Melun on peut directement aller à Paris en 30 minutes environ ! Et gratuitement ce jour-là en plus ! Je suis sûr qu’il aurait mis plus de temps en auto.

Pour la radio du matin comme pour les chaines TV d’infos, l’actualité reste toujours superficielle. Pour la réflexion, vous ne pouvez compter que sur vous-mêmes.

Un nouvel aéroport inutile, la preuve par l’image

Dans la bataille actuelle autour du futur (éventuel) aéroport de Notre-Dame-des-Landes, l’argument principal est la supposée saturation de l’aéroport existant (Nantes-Atlantique). En clair il serait à terme trop petit pour le nombre de passagers chaque année.

Prenons un peu de hauteur et faisons une petite comparaison. Voici, à la même échelle, une vue aérienne de l’aéroport international de Genève (en haut) et celui de Nantes (en bas, censé être trop petit) :

Aéroport de Genève
Aéroport de Genève © Google
Aéroport de Nantes
Aéroport de Nantes © Google

Comme vous le voyez, la taille de la piste des deux aéroports est tout à fait comparable. On note d’ailleurs qu’il y aurait même de la place à Nantes pour construire une piste supplémentaire. Difficile de comparer du ciel la taille des aérogares mais on voit nettement qu’il y a encore beaucoup de place à Nantes pour un éventuel agrandissement des installations.

Intéressons-nous maintenant au traffic des aéroports :

Genève Nantes
Passagers/an 13,9 millions (2012) 3,63 millions (2012)
Mouvements/an 192 900 (2012) 47 900 (2012)

Sources : http://www.gva.ch/desktopdefault.aspx/tabid-244/ et http://www.nantes.aeroport.fr/corporate#bilan_perpectives

Je ne suis pas expert aéronautique mais la comparaison est pour moi sans appel. La structure de Genève accueille un traffic quatre fois plus important qu’à Nantes pour une taille tout à fait comparable. Certes le traffic nantais a augmenté de manière soutenue ces dernières années mais cela ne peut être infini et il y a encore une marge avant d’atteindre 10 millions de passagers annuels. Tout semble indiquer que l’actuel aéroport pourrait sans problème absorber l’évolution du traffic si seulement on voulait bien s’y attarder. C’est sans doute le problème aujourd’hui : depuis que l’idée de nouvel aéroport a été lancée il y a 40 ans, cet aéroport n’a sûrement pas bénéficié des investissements adequat, faute de vision à long terme.

Je reste donc persuadé que NDDL serait un immense gâchis, à seulement 80 kilomètres d’un autre grand aéroport, celui de Rennes.

Grand hôtel exquis

Je dois l’avouer, je ne connaissais pas (encore) l’univers cinématographique de Wes Anderson, ce réalisateur américain un peu dandy. C’est un peu par curiosité que je suis allé voir The Grand Budapest Hotel, je n’ai pas été déçu.

Gran Budapest Hotel

Dans les années 30, dans une Europe de l’est tourmentée, le concierge d’un palace a maille à partir avec les héritiers d’une riche (vieille) femme décédée. En effet, comme il avait pris (intimement) soin de la dame, celle-ci lui a légué un tableau d’une valeur inestimable. Notre habile concierge doit donc échapper à ses poursuivants dans un mémorable road-movie enneigé, dans des situtations improbables à découvrir absolument. Le tout est délicieusement burlesque, parfois foutraque, toujours de bon goût. On ne s’ennuit pas un seul instant, des détails amusants sont cachés dans quasiment chaque image, un régal.

Le casting est impressionnant et certains acteurs ont malicieusement apporté leur participation (Bill Murray y campe un confrère dans un autre hôtel). Les rôles principaux ont tous la tête de l’emploi, avec une mention spéciale pour l’horrible Willem Dafoe en héritier particulièrement remonté et sans pitié.

Je suis encore sous le charme de ce film drôle et charmant, je vais très bientôt découvrir l’essentiel de la filmographie du génial Anderson…

Parisien outragé

Je vis, paraît-il, dans la plus belle ville du monde. C’est vrai qu’elle est belle ma ville en général, mais parfois elle m’inflige des petites souffrances.

Le mois de juin est une période bien connue des Parisiens (en tout cas dans mon arrondissement) car c’est à cette époque qu’on s’inscrit pour les activités sportives/culturelles qui démarrent à la saison suivante, au mois de septembre. A Paris on s’inscrit donc tôt. Les centres d’animations proposent un large choix d’activités, de nombreux sports sont au programme. Dans mon quartier populaire, les cours de français pour étrangers ont le vent en poupe.

Seulement voilà, pour certaines activités, les places sont rares et il faut jouer des coudes pour obtenir une inscription. La mairie nous avait prévenus : les inscriptions seraient ouvertes aujourd’hui à partir de 10 heures. Deux options sont offertes : pré-inscription par téléphone ou inscription directement sur place au centre d’animation. Inutile de songer à joindre quelqu’un par téléphone, le service est saturé dès l’ouverture. Des vétérans des années précédentes m’ont confirmé qu’ils n’avaient jamais obtenu quiconque au téléphone, certains ayant tenté plus de 100 fois !

Reste donc la deuxième solution : faire la queue.

File d'attente

J’avais prévu le coup : j’ai pris une journée de congé (oui, vivre à Paris demande parfois des sacrifices), un sac à dos avec des réserves d’eau et de la lecture. Beaucoup de lecture.

Arrivé peu avant 7h. Déjà une bonne dizaine de personnes sont arrivées, c’est parti pour quelques heures d’attente. Les gens s’observent, des resquilleurs tentent leur chance, classique.

9h. Certains se font relever par un autre membre de la famille, malin. La file s’allonge (photo), le soleil commence à cogner.

9h45. Deux personnes du centre d’animation sortent pour distribuer des formulaires à remplir et des tickets numérotés, façon sécurité sociale. J’hérite du n°20. Bizarre, je n’avais pas l’impression qu’il y avait autant de monde devant moi. Me suis fait avoir.

10h. Comme promis, les portes s’ouvrent. Tout le monde s’engouffre dans le hall du centre dans un immense vacarme. Je n’ose imaginer à quoi ça aurait ressemblé si on n’avait pas tous eu notre ticket d’arrivée. Le hall ressemble à une cour des miracles, les poussettes s’entrechoquent, une personne en fauteuil roulant se fraye un chemin vers le comptoir. La responsable s’égosille pour appeler le premier client, le N°1 ! « Où est le numéro 1 s’il vous plait ? ».

Lentement mais sûrement les choses se mettent en place, les rares places assises sont prises d’assaut. Seuls deux employés sont présents au comptoir pour enregistrer les inscriptions. Il ne serait pas venu à l’idée de quelqu’un à la mairie de renforcer les effectifs ce jour-là. Non, autant faire attendre les gueux, ils ont l’habitude.

Les numéros défilent, lentement. Il fait chaud dans ce hall.

11h00. J’ai pu trouver une place assise, peu confortable, sur un coffre sans la possibilité de m’adosser. J’ai fini de lire tous les articles du journal que j’avais acheté. J’entame un livre.

11h30. Je me lève d’un bond car je vois au comptoir un homme qui était pourtant derrière moi dans la rue tout à l’heure. Je m’approche et vois qu’il avait le ticket 14 (rappel, j’ai le 20). Je ne cherche même pas à comprendre et regagne,résigné, ma place assise avant qu’on ne me la prenne.

12h. Mine de rien, ça fait déjà 5 heures d’attente cumulées. J’ai le dos en compote, les fesses endolories et l’estomac qui gargouille. J’approche du but, le numéro 17 s’éternise, je me lève pour passer les dernières minutes d’attente debout, mes fesses reprennent vie.

12h15. Le Graal. Je tends mon ticket fièrement, ainsi que le formulaire rempli quelques heures plus tôt dans la rue. L’employée n’a guère la tête à sourire, la journée est éprouvante pour elle aussi. L’affaire est menée rondement, mon dossier est relativement simple. Après m’être délesté de quelques centaines d’euros (oui, les classes moyennes payent toujours plein pot), je suis enfin sorti le coeur léger, non sans porter un dernier regard compatissant à ma pauvre voisine d’infortune qui avait le numéro 94. Heureusement, elle avait un gros bouquin.

Comment une ville comme Paris peut-elle si mal organiser les inscriptions à ses activités ? N’a-t-elle pas la possibilité de déléguer plus de personnel et de moyens techniques pour l’occasion ?

Et encore je dois m’estimer heureux, je sais que l’inscription au conservatoire de musique nécessite de camper sur place ! Quant aux candidats au renouvellement de carte de séjour devant la préfecture…

Frénésie numérique

Téléphones en réunion

Vous avez tous constaté comme moi l’essor fantastique des « nouvelles technologies » ces dernières années. Comme je ne suis plus tout jeune, j’ai particulièrement été frappé par les changements de notre société que ces technologies ont générés.

Certains de ces changements s’apparentent pour moi à un manque de civilité (ou alors je suis définitivement vieux-jeu).

L’un des exemples célèbres qui me vient à l’esprit est le comportement surréaliste de N. Sarkozy lors de sa visite au Pape en 2007. Alors qu’il était en compagnie du souverain pontife, il n’a pas pu s’empêcher de consulter ses textos, sans doute de la part de sa dulcinée qu’il venait de rencontrer. Je ne sais pas si le vieux pape a réalisé que son illustre visiteur ne l’écoutait que d’une oreille.

Mais on rencontre ce genre de comportement grossier ou impoli dans la vie quotidienne. Qui n’a pas été importuné par un voisin de transport en commun qui s’éternise au téléphone, en parlant bien fort pour qu’on suive la conversation ?

Désormais, dans les réunions de travail, chacun apporte son téléphone et scrute d’un oeil l’arrivée de messages tout en suivant les slides Powerpoint®. Il n’est pas rare que l’animateur d’une réunion interrompe lui-même le spectacle pour un appel ou message intempestif.

L’autre jour j’ai même assisté à une scène incroyable (en tout cas pour moi) qu’on n’aurait pas imaginée il y a quelques années. J’étais attablé à un restaurant et j’ai remarqué qu’une (jeune) serveuse ne pouvait s’empêcher d’utiliser frénétiquement son smartphone, à n’importe quel moment. Dès qu’elle recevait un message, il fallait qu’elle le consulte et y réponde aussitôt, même en plein travail. A plusieurs reprises, je l’ai vue stoppée dans son élan tout près d’une table qu’elle s’apprétait à débarrasser, pour tapoter sur son téléphone. Certains clients semblaient un peu interloqués mais n’osaient pas l’interrompre dans sa communication intense. Quant au patron du resto, il ne pouvait ignorer le manège mais n’a jamais fait la moindre remarque à son employée. Il faut dire que c’est difficile de recruter dans ce secteur…

En plus d’avoir fait de nous des êtres multi-tâches, la technologie a-t-elle introduit une notion différente du rapport à l’autre ? Bientôt, on aura plus de considération pour la personne au bout de la ligne que celle en face de nous, c’est peut-être déjà le cas…

Think tank ou comment réfléchir idiot

Membres du think tank cartes sur table

Regardez ces jeunes gens propres sur eux sur la photo, ils sont membres du think tank « cartes sur table » et ils réfléchissent à des solutions pour notre pays. Ils réfléchissent beaucoup apparemment.

Rappel : un think tank est une sorte de club de réflexion, souvent proche d’un parti politique. Les membres de tels clubs, souvent d’éminents étudiants et intellectuels, formulent des propositions issues de leurs intenses brainstormings.

Revenons à nos fringants amis de « cartes sur table ». Leurs CV sont impressionnants : doctorants en économie, politiste (!), philosophes, journalistes et j’en passe. Très près du peuple donc. Pour aider leur mentor Hollande, ils proposent 100 mesures pour améliorer la vie quotidienne des Français, en toute modestie. Je n’ai pas regardé toutes ces propositions, c’est la n°83 qui retient ici mon attention.

Ces petits jeunots proposent en effet de taxer les propriétaires de leur résidence principale sous le prétexte que ceux-ci n’ont pas à payer de loyer ! Mais, magnanimes, ils proposent tout de même de déduire les intérêts d’emprunt, sympa de leur part.

Mais d’où sortent ces gens ? Une part importante des propriétaires doivent s’endetter sur des décennies pour payer leur logement. Bien souvent ils sont à la retraite, donc avec des revenus diminués lorsqu’ils sont déchargés de leur dette. Une nouvelle taxe en mettrait plus d’un sur la paille.

J’ignore quelle mouche a piqué ces intellos qui veulent ainsi punir des millions d’honnêtes travailleurs qui ont réussi à se payer un toit sur la tête. Sans nul doute une telle taxe rapporterait de l’argent… au détriment du pouvoir d’achat et de la consommation. Sans compter les lourdeurs administratives supplémentaires pour contrôler tout ça…

Sans verser dans le populisme, je pense que ces réfléchisseurs distingués sont bien éloignés de la réalité de la majorité de nos concitoyens, ils devraient sortir un peu plus pour aérer leurs précieux neurones.

J’espère que le gouvernement ne prête pas trop l’oreille à ce genre d’élucubration et qu’il ne sera pas tenté d’instaurer cette nouvelle taxe abracabrantesque. Ce serait à coup sûr le moyen pour Hollande de se mettre à dos le peu de Français qui ont encore confiance en lui.

Source : http://blogs.mediapart.fr/blog/robert-magnani/280313/hollande-songerait-taxer-les-proprietaires-apres-le-remboursement-de-leur-emprunt

Ah, dernier détail : je ne suis pas propriétaire de mon logement et je ne le serai probablement jamais, vu le prix de l’immobilier. Je ne serai donc pas concerné par cette « mesure » si elle était adoptée…

La solution : achetez français !

L’autre soir je regardais une émission « politique » dont l’invité était l’inénarrable J.-L. Mélenchon. Le clou du spectacle de l’émission était le face-à-face entre le politique et l’expert économique de la chaine.

Lenglet Mélenchon

Ce moment est toujours attendu car l’économiste tente de confronter le politique à la réalité supposée. Notre économiste distingué a donc voulu attaquer sur le thème désormais bien connu du « coût » du travail en France (sous-entendu : les employés français ne sont que des feignasses qui devraient bosser 50 heures par semaine pour des clopinettes pour arriver à concurrencer les Chinois). Voulant ménager un peu d’effet, il a sorti un stylo de sa poche en assénant que ce produit coûtait deux fois moins cher à fabriquer en Chine que dans notre beau pays. Je ne me souviens plus de la réponse de M. Mélenchon mais ce n’est pas important ici.

Cet exemple a titillé ma curisosité. Je suis donc allé dans une papeterie au coin de la rue et j’ai regardé le rayon des stylos. La plupart étaient fabriqués dans des pays exotiques, essentiellement en Asie, mais certains étaient estampillés made in France, cocorico !

J’ai donc pris trois stylos présentant des caractéristiques similaires (encre noire, bouton poussoir au bout, etc), voici leur aspect, leur provenance et leur prix :

Stylos

Je ne m’attarderai pas sur le style et la couleur de chaque produit, chacun ses goûts, hein.

On voit effectivement que les Indiens semblent produire à très bas coût par rapport à nous. Mais le stylo japonais n’est pas donné non plus, les employés nippons sont sans doute trop payés aussi.

Maintenant supposons que j’aie besoin d’un nouveau stylo pour remplacer mon vieux Bic® qui a rendu l’âme. Comme je n’achète pas un stylo tous les matins, dans un élan patriotique, je prendrais sans hésiter le produit français. À 2,10€, c’est un luxe que je peux me permettre (en plus j’ai un doute sur la qualité d’un stylo indien si bon marché, c’est peut-être un préjugé mais c’est comme ça).

Et là j’aimerais avoir l’économiste en face de moi pour lui dire que nous sommes nombreux (nous sommes légions) à pouvoir nous « offrir » les produits français !

Pour les sceptiques, je vais vous donner un autre exemple. Il y a quelques temps, j’ai dû changer mon vieux fer à repasser. Dans le magasin d’électro-ménager, mon choix s’était réduit à un produit chinois à 20€ et un autre français à 40€. Là encore, mon sang patriote n’a fait qu’un tour. Pour un objet qu’on va garder plusieurs années, on peut souvent débourser une somme (un peu) plus importante pour soutenir notre économie.

Je ne suis pas économiste, je n’utilise que mon bon sens. Plus nous vendrons de produits manufacturés en France, plus nous sauverons (et créérons) des emplois locaux. L’équation me semble simple, êtes-vous prêts à relever le défi ?

En plus mon fer à repasser est d’une belle couleur bleue…

Grande nouvelle : le Web, ça se paye !

Data center

Depuis quelques jours, le Web branché (entendez les réseaux sociaux) bruisse d’une nouvelle scandaleuse : le service Instagram changerait ses conditions d’utilisation pour avoir la possibilité de monnayer les photos que les utilisateurs déposent sur le site.

On entend alors un concert de protestations presque aussi fort que pour le départ de Depardieu sous d’autres cieux fiscaux.
Quoi ? On dépose nos jolies photos sur Instagram et ces chacals sont prêts à les revendre sans nous demander notre avis ?
Parmi ces utilisateurs, combien ont lu les fameuses conditions d’utilisation (anciennes et nouvelles) ? Moi, non.

Je suis toujours surpris par tant de candeur des internautes. On leur offre un service gratuit pour déposer des photos et échanger avec leurs amis, comment pensent-ils que tout ça fonctionne ?

Eh bien sachez, chers amis, que la magie du Web repose sur des infrastructures parfois très lourdes dont on ne soupçonne pas l’existence, confortablement installés derrière nos écrans. Les plus gros sites comme Google ou Facebook possèdent leurs propres centres de données partout dans le monde avec des milliers de machines travaillant pour nous. Avec le succès, Instagram doit certainement recourir aussi à une puissance de calcul et de stockage phénoménale. Tout ça coûte très cher en électricité et en maintenance (je ne parle pas ici des conséquences désastreuses sur l’effet de serre, c’est un autre débat).

Bref, dans le monde virtuel comme dans le réel, rien n’est gratuit. Les fondations derrière des projets comme Wikipedia demandent régulièrement une participation financière aux internautes. Quant aux entreprises privées, elles cherchent forcément un modèle économique, rien de nouveau sous le soleil. D’ailleurs je m’interroge toujours sur la rentabilité de Twitter où je ne vois guère de publicité.
La prochaine fois que vous vous inscrirez sur un service « gratuit », vous le saurez !